Discours d’Emmanuel Macron : répondre à l’état d’urgence économique et sociale ? (10déc2018)

Discours d’Emmanuel  Macron à la Nation, le 10 déc. 2018

Ce 10 décembre 2018, à 20h, le Président de la République, Emmanuel Macron,  s’est adressé aux Françaises et aux Français, en prononçant un discours retransmis à la télévision.  Moment très attendu par la société civile, les « gilets jaunes » et la classe politique, après les événements de crise vécus de ces dernières semaines.

Le contenu du discours

D’entrée, le  ton est donné en ce qui concerne le désordre et l’anarchie, car quand la violence se déchaîne, la liberté cesse.

  • Les événements de ces dernières semaines dans L’Hexagone et les Outre-Mer ont troublé profondément la Nation.
  • Ils ont mêlé des revendications légitimes et un enchaînement de violences inadmissibles et je veux le dire d’emblée.

… rappelant le jeu des opportunistes qui ont essayé de profiter des colères sincères pour les dévoyer et pointant les irresponsables politiques dont le seul projet était de bousculer la République.

En deuxième lieu,  le contexte social, économique, financier, politique, sociétal que vit la population reflète quarante années de malaise qui ressurgissent. Le malaise est profond qu’il émane des travailleurs, des territoires, villages comme quartier : altération du cadre de vie, disparition des services publics, et/ou du citoyen qui développe le sentiment de ne pas être entendu.

Et de décréter … l’état d’urgence économique et sociale.

Le discours est construit autour de 10 thèmes clés

Le discours est construit autour de 10 thèmes clés, composé de 2 socles :

– Une introspection personnelle et situationnelle : Le sentiment, Le comportement

– L’annonce de mesures immédiatement mises en œuvre et/ou programmées dans les semaines et mois à venir : La politique; Le temps; La Nation, le pays, le peuple, la France ; Les impôts; Le droit; La communication et le dialogue; L’emploi

 

La politique :

… et d’annoncer des mesures :

  • Ces changements de fond qui demandent une réflexion profonde et partagée, imposent un débat sans précédent. Il devra se dérouler au niveau national dans nos institutions, chacun y aura sa part : gouvernement, assemblées, partenaires sociaux et associatifs ; vous y aurez votre part.
  • un tel débat n’est pas seulement affaire de représentants institutionnels ; il doit se dérouler aussi partout sur le terrain et il est des interlocuteurs naturels, des citoyens qui doivent en recevoir les demandes et s’en faire les relais : ce sont les maires ; ils portent la République sur le terrain.
  • Dès demain, le Premier Ministre présentera l’ensemble de ces décisions aux parlementaires.
  • le devoir d’apprendre pour être un citoyen libre,
  • la prise en compte du vote blanc et même que soient admis à participer au débat des citoyens n’appartenant pas à des partis.

 

Le temps :

  • entendre la détresse du couple de salariés qui ne finit pas le moiset se lève chaque jour tôt
  • écouter ces femmes de courage, la mère de famille célibataire, veuve ou divorcée, qui ne vit même plus, qui n’a pas les moyens de faire garder les enfants et d’améliorer ses fins de mois et n’a plus d’espoir.

… et d’annoncer des mesures :

  • supprimer toutes les augmentations prévues pour le début d’année prochaine;

… et d’annoncer des mesures immédiatement mises en œuvre :

  • Le salaire d’un travailleur au SMIC augmentera de 100 euros par mois dès 2019
  • de verser une prime de fin d’année à leurs employés
  • Pour ceux qui touchent moins de 2. 000 euros par mois,
  • nous annulerons en 2019 la hausse de CSG subie cette année ;
  • et prendrai des décisions en ce sens dès cette semaine.

 

La Nation, le pays, le peuple, la France :

  • Nombre d’autres pays traversent ce mal vivre
  • c’est notre vocation au travers de l’Histoire d’ouvrir ainsi des chemins jamais explorés pour nous-mêmes et pour le monde. Je le veux pour nous tous Français parce qu’un peuple qui se divise à ce point, qui ne respecte plus ses lois et l’amitié qui doit l’unir est un peuple qui court à sa perte.
  • Je veux aussi que nous mettions d’accord la Nation avec elle-même sur ce qu’est son identité profonde, que nous abordions la question de l’immigration. Il nous faut l’affronter.
  • Nous voulons bâtir une France du mérite, du travail,
  • une France où nos enfants vivront mieux que nous.

… et d’annoncer des mesures :

  • Le dirigeant d’une entreprise française doit payer ses impôts en France et les grandes entreprises
  • Je veux que soit posée la question de l’organisation de l’Etat, de la manière dont il est gouverné et administré depuis Paris, sans doute trop centralisé depuis des décennies. Et la question du service public dans tous nos territoires. 
  • Nous voulons une France où l’on peut vivre dignement de son travail ? (…)Le salaire d’un travailleur au SMIC augmentera de 100 euros par mois dès 2019 sans qu’il en coûte un euros de plus pour l’employeur.

 

Le sentiment :

  • je n’oublie pas qu’il y a une colère, une indignation et cette indignation, beaucoup d’entre nous, peuvent la partager (…)je ne veux pas la réduire aux comportements inacceptables
  • ces femmes de courage pour la première fois disant cette détresse sur tant de ronds-points !
  • Leur détresse ne date pas d’hier mais nous avions fini lâchement par nous y habituer et au fond,
  • malaise démocratique où se développe le sentiment de ne pas être entendu ;
  • Il a pu m’arriver de vous donner le sentiment que ce n’était pas mon souci, que j’avais d’autres priorités. Je sais aussi qu’il m’est arrivé de blesser certains d’entre vous par mes propos. que ce n’était pas mon souci,
  • par le dialogue, le respect, l’engagement, nous réussirons.
  • Mon seul souci, c’est vous ; mon seul combat, c’est pour vous. 

NDLR : employer le terme « souci » dans ce contexte peut prêter à confusion, à interprétation. Ici, il faut comprendre le terme souci comme un état d’esprit de quelqu’un qui s’inquiète à propos d’une personne à laquelle il accorde de l’importance. (Cntrl)

 

Le comportement :

  • ces violences ne bénéficieront d’aucune indulgence.
  • Nous avons vu tous le jeu des opportunistes qui ont essayé de profiter des colères sincères pour les dévoyer.
  • Aucune colère ne justifie qu’on s’attaque à un policier, à un gendarme,
  • qu’il y a une colère, une indignation et cette indignation, beaucoup d’entre nous,
  • je ne veux pas la [ie la colère des Gilets Jaunes] réduire aux comportements inacceptables que je viens de dénoncer.
  • Ce fut d’abord la colère contre une taxe
  • mais cette colère est plus profonde,
  • ces femmes de courage pour la première fois disant cette détresse sur tant de ronds-points !
  • Si je me suis battu pour bousculer le système politique en place, les habitudes, les hypocrisies,
  • J’entends que le gouvernement poursuive l’ambition des transformations de notre pays

 

Les impôts :

  • Je sais que certains voudraient dans ce contexte que je revienne sur la réforme de l’impôt sur la fortune

      … et d’affirmer

  • Conformément aux engagements pris devant vous, cet impôt [ISF] a été supprimé pour ceux qui investissent dans notre économie et donc aident à créer des emplois

… et d’annoncer des mesures immédiatement mises en œuvre :

  • les heures supplémentaires seront versées sans impôts ni charges dès 2019.
  • c’est pourquoi je demanderai à tous les employeurs qui le peuvent, de verser une prime de fin d’année à leurs employés et cette prime n’aura à acquitter ni impôt ni charge.
  • nous annulerons en 2019 la hausse de CSG subie cette année ;
  • Le dirigeant d’une entreprise française doit payer ses impôts en France et les grandes entreprises, qui y font des profits doivent y payer l’impôt,
  • nous répondrons à l’urgence économique et sociale par des mesures fortes, par des baisses d’impôts plus rapides, par une meilleure maîtrise des dépenses plutôt que par des reculs.
  • Je veux que soit posée la question de l’équilibre de notre fiscalité

 

Le droit :

… et d’annoncer des mesures immédiatement mises en œuvre :

  • Le dirigeant d’une entreprise française doit payer ses impôts en France et les grandes entreprises qui y font des profits doivent y payer l’impôt, c’est la simple justice.

… et d’annoncer des mesures à mettre en œuvre :

  •  Cependant, le gouvernement et le Parlement devront aller plus loin pour mettre fin aux avantages indus et aux évasions fiscales.
  • la possibilité de voir les courants d’opinion mieux entendus dans leur diversité, une loi électorale plus juste,
  • pour qu’elle [ie. question de l’équilibre de la fiscalité] permette à la fois la justice et l’efficacité du pays.

 

La communication et le dialogue :

  • par le dialogue, le respect, l’engagement, nous réussirons.

… et d’annoncer des mesures à mettre en œuvre :

  • la prise en compte du vote blanc et même que soient admis à participer au débat des citoyens n’appartenant pas à des partis.
  • Ces changements de fond qui demandent une réflexion profonde et partagée, imposent un débat sans précédent.
  • gouvernement, assemblées, partenaires sociaux et associatifs ;
  • et il est des interlocuteurs naturels, des citoyens … ce sont les maires.

Et d’ajouter :

  • C’est pourquoi je rencontrerai moi-même les maires de France, région par région, pour bâtir le socle de notre nouveau contrat pour la Nation.

 

L’emploi :

  • afin qu’on puisse vivre mieux de son travail dès le début de l’année prochaine.
  • que le surcroît de travail accepté constitue un surcroît de revenu ;
  • alors même que nous sommes en train de recréer des emplois dans tous les secteurs.
  • nous avons devant nous à conduire une réforme profonde de l’Etat, de l’indemnisation du chômage et des retraites.

… et d’annoncer des mesures immédiatement mises en œuvre :

  • les heures supplémentaires seront versées sans impôts ni charges dès 2019.

 

Les autres thèmes

D’autres thèmes sont évoqués. Entre autres on citera

  • la formation (L’investissement dans la Nation, dans l’école et la formation est inédit… Cela ne peut se faire que par une meilleure école, des universités, de l’apprentissage et des formations)
  • les territoires (C’est pourquoi je rencontrerai moi-même les maires de France, région par région,)
  • la famille (C’est celle des retraités modestes qui ont contribué toute leur vie et souvent aident à la fois parents et enfants et ne s’en sortent pas.)
  • les modes de vie (malaise face aux changements de notre société, à une laïcité bousculée et devant des modes de vie qui créent des barrières, de la distance.)
  • le climat (que soit posée la question de notre quotidien pour faire face aux changements climatiques)
  • le handicap (C’est celle des plus fragiles, des personnes en situation de handicap dont la place dans la société n’est pas encore assez reconnue. Leur détresse ne date pas d’hier… nous avions fini lâchement par nous y habituer et au fond, tout se passait comme s’ils étaient oubliés, effacés.)

 

Certains sujets ont été « effleurés » : l’Europe, l’immigration, les parties prenantes, le commerce et les petits commerçants, les travailleurs précaires, les travailleuses à temps partiel, créer des emplois…

 

Certains thèmes n’ont pas été évoqués : l’écologie, le transport et la mobilité, l’industrie, les infrastructures, la protection sociale et son modèle, l’ancrage local des entreprises, l’adoption de mesures en faveur de l’environnement, le climat et les catastrophes naturelles, l’agriculture et les circuits courts, l’approvisionnement, le droit international, le droit européen, l’égalité des chances, le pouvoir d’achat, le vieillissement de la population …

 

 

La forme du discours

L’utilisation du « je » est certes employé, mais il est à mettre en regard du « nous » (Je le veux pour nous tous Français)  et du « vous » (Il a pu m’arriver de vous donner le sentiment que ce n’était pas mon souci, que j’avais d’autres priorités. Je sais aussi qu’il m’est arrivé de blesser certains d’entre vous par mes propos. Je veux ce soir être très clair avec vous.).

Plutôt dynamique et porté dans l’action, le discours s’est construit autour d’adverbes d’intensité, tels que plus, moins, tous, à bien des égards, beaucoup…

 

Les termes les plus utilisés

On citera (par ordre décroissant) :

  • nation, France, question, année, travail, impôt, français, colère, changement, malaise, mois, gouvernement, devoir, citoyen…
  • vouloir, devoir, pouvoir, voir, vivre…

 

Source : site de l’Elysée


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Fédération des Caisses d’Épargne : rapport RSE 2017

Conformément à la directive européenne de 2014, les entreprises doivent établir une déclaration de performance extra-financière dans leur rapport annuel de gestion, pour les exercices ouverts depuis le 1er septembre 2017.

La Fédération nationale des Caisses d’épargne a publié son rapport RSE 2017 le 18 juillet 2018 et invoque sa contribution aux ODD (Objectifs de développement durable).

Les pages du site institutionnel soulignent son engagement sociétal pour des « actions responsables » et mentionnent ses programmes d’orientations RSE en alignement avec les recommandations de la norme internationale ISO 26000, depuis 2013.

Le lien qu’entretiennent les Caisses d’Épargne avec les sociétaires est permanent et se tisse de diverses façons pour leur apporter en permanence des informations, des supports de formation mais aussi des occasions d’échanges.

La responsabilité sociétale et environnementale (RSE) des Caisses d’Épargne s’inscrit dans la continuité de leur histoire, depuis leur création en 1818 par des philanthropes (vidéo – orientations RSE 2018-2020) et prend toute sa mesure dans la croissante verte.

Un rapport 2017 marqué « RSE »

Les références à la « RSE » (Responsabilité Sociale et Environnementale) sont très présentes sur le rapport 2017. Il s’agit d’un marqueur dynamique sur l’engagement de la Fédération.

Priorités au développement local et à l’empreinte locale (dialogue permanent avec les fournisseurs afin de favoriser les achats locaux et responsables); à la proximité des agences (notamment en zones rurales) ; à l’accessibilité et accompagnement de toutes les clientèles ; aux conditions de travail et aux conditions de vie (notamment en portant attention à concilier/équilibrer vie personnelle et vie professionnelle).

On notera :

  • une effectif de 150 collaborateurs qui travaillent sur le management de la RSE ;
  • un rappel sur les principes de solidarité et de lutte contre les exclusions ;
  • le renforcement de la participation des sociétaires dans la mise en œuvre des orientations stratégiques (Stratégie sociétariat 2018-2020)
  • le suivi de la mise en œuvre d’actions de progrès continus;
  • la constitution de partenariat avec la Fondation Abbé Pierre, pour un microcrédit habitat.
  • l’achat de produits solidaires et à faible impact environnemental;
  • la réduction de son empreinte environnementale (impact carbone lié aux déplacements des salariés; consommation de papier…)

Quelques nouveautés

  • un soutien plus prégnant à des projets locaux (principalement dans les domaines de la solidarité, de la culture et du patrimoine, de la création d’entreprise et de l’éducation financière) et aux réseaux d’accompagnement à la création d’entreprise (Initiative France, BGE et France Active) ;
  • des actions plus marquées autour de la QVT (Qualité de Vie au Travail) avec un référent QVT par Caisse ;
  • des références plus nombreuses
    • à l’ESS, en valorisant son rôle de Promoteur des valeurs de la coopération et de l’économie sociale et solidaire (ESS) et les actions en régions auprès de ses caisses régionales ;
    • au Mécénat de compétences (1451 collaborateurs impliqués)
  • une démarche RSE de plus en plus affirmée pour la lutte contre l’exclusion (dont l’exclusion bancaire et financière) :

En développant, dès leur création, la culture de l’épargne et de la prévoyance auprès des classes « laborieuses », elles se sont engagées résolument en faveur du progrès social, de l’ouverture à tous et de la lutte contre l’exclusion. Une raison d’être en totale conformité avec la vision exprimée par les deux fondateurs Benjamin Delessert et François de La Rochefoucauld-Liancourt.

  • faire vivre la solidarité et favoriser l’innovation sociétale ;
  • soutenir les entrepreneurs sociaux ;
  • mettre en œuvre un accompagnement spécifique de proximité auprès des clients fragiles ;
  • répondre aux besoins des salariés aidants familiaux  (On estime à 10 millions le nombre de Français aidants familiaux, soit 17 % des salariés, pourcentage qui s’accroit du fait du vieillissement de la population).

Baromètre Sim26k (Indice de Convergence avec la norme ISO 26000)

LOG’ins Consultants applique sa méthode d’analyse via sa gamme de services ConvergenceRSO [4]. Le score RSE SIM26k note une progression de 4.2 pt entre 2016 et 2017.

 


1- Ordonnance n° 2017-1180 du 19 juillet 2017 relative à la publication d’informations non financières par certaines grandes entreprises et certains groupes d’entreprises

2- Décret n° 2017-1265 du 9 août 2017 pris pour l’application de l’ordonnance n° 2017-1180 du 19 juillet 2017 relative à la publication d’informations non financières par certaines grandes entreprises et certains groupes d’entreprises

3- Décret n° 2012-557 du 24 avril 2012 relatif aux obligations de transparence des entreprises en matière sociale et environnementale

4- Comment situer la communication (sociale, sociétale, environnementale…) des DDR par rapport à l’ISO 26000


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L’économie circulaire a le vent en poupe…

En février 2017, 33 grandes entreprises s’engageaient en faveur de l’économie circulaire. Presque deux ans après, l’Afep dresse un premier bilan. Selon l’association patronale, 95 % des promesses suivent le rythme prévu ou sont en avance. Dix exemples prouvent que la mobilisation est bien lancée.

L’heure du bilan a sonné pour les 33 entreprises engagées en faveur de l’économie circulaire. Selon l’Afep, 79 % des engagements pris en février 2017 suivent le rythme prévu et 16 % sont même en avance. « Il y a plus que jamais des entreprises moteurs, les choses avancent« , se réjouit Brune Poirson, secrétaire d’État à la transition écologique et solidaire. Elle organisait jeudi 25 octobre un colloque à l’hôtel de Roquelaure rassemblant les acteurs du secteur.

Novethic a sélectionné dix exemples illustrant cette dynamique.

(c) Afep

L’Afep a organisé avec 5 autres associations d’entreprises (C3D, EpE, France Industrie, INEC, OREE) à l’Hôtel de Roquelaure le 25 octobre 2018, le colloque « Économie circulaire : les entreprises dans la boucle ! ». L’Afep a rendu publics à cette occasion le suivi 2018 des 100 engagements économie circulaire pris en 2017 par 33 entreprises, et 21 nouveaux engagements de 12 entreprises, en soulignant le besoin que l’État poursuive avec les acteurs économiques les engagements pour la croissance verte.

 

Sources : Novethic ; Afep

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Les géants de la fast fashion tournent-ils vraiment rond ?

Économie circulaire : les géants de la fast fashion tournent-ils vraiment rond ?

80 milliards de vêtements sont fabriqués chaque année dans le monde. Une quantité astronomique pour un objet qui finit le plus souvent au fond d’un placard, ou pire, d’une poubelle. Acheter, porter, jeter : cette logique consumériste est de plus en plus remise en cause car elle épuise les ressources de la planète et dégrade l’environnement. A la place, pourquoi ne pas plutôt réparer, transformer, recycler ? La mode commence à s’emparer de ces principes de l’économie circulaire avec de grandes enseignes de la fast fashion, comme H&M ou Zara, qui s’engagent dans cette voie. Paradoxe ou véritable levier de transformation ?

L’impact de l’industrie textile sur notre planète (@Twist – janv. 2018)

 

L’économie du partage bouscule la mode 

Chaque année, 2,5 milliards de pièces de textile, linge et chaussures (TLC) sont mises sur le marché français, soit l’équivalent de 600 000 tonnes par an et 10 kg par personne. Sur cette énorme montagne, près de 30% seulement des tissus usagés sont collectés. Néanmoins, une tendance commence à émerger, calquée sur celle du manger local et de saison. Un certain nombre de consommateurs commencent ainsi à privilégier « le moins mais mieux ».

Concepcion Alvarez
© 2018 Novethic – Tous droits réservés – Publié le 27 janvier 2016

 

Source : Novethic

La culture joue un rôle dans la reconstruction des villes (UNESCO/Banque mondiale)

La Banque mondiale et l’UNESCO évoqueront le rôle essentiel que joue la culture dans la planification et le financement de projets pour les villes victimes de la guerre et des catastrophes à l’occasion de la présentation d’un nouveau document d’orientation intitulé La culture dans la reconstruction et le relèvement des villes, le 16 novembre (17 h 30) au siège de l’UNESCO.

La croissance rapide de l’urbanisation dans le monde expose les villes et leurs habitants aux effets dévastateurs de conflits d’une complexité croissante et de catastrophes naturelles de plus en plus fréquentes. D’ici 2030, on estime que les catastrophes coûteront aux villes du monde entier quelque 314 milliards de dollars par an, soient près de deux fois plus que la moyenne des 15 années précédentes. L’approche décrite dans CURE (1) intègre la culture dans les politiques de développement urbain durable pour aider à créer des environnements urbains inclusifs, sûrs, résilients et durables pour tous.

Les deux organisations mènent actuellement des projets opérationnels conjoints en Arménie, en Chine, en Géorgie, en Haïti, au Mali, au Pakistan et en Papouasie-Nouvelle-Guinée.


 

Source ; UNESCO

(1) Le programme CURE s’inscrit dans le cadre d’une initiative plus large qui fait suite à la signature d’un Mémorandum d’accord entre l’UNESCO et la Banque mondiale en juillet 2017.

 

Le parlement anglais enquête sur la fast-fashion

Westminster pourrait prochainement accueillir un défilé de la fast-fashion.

Mary Creagh, présidente de la Commission à l’environnement de la Chambre des Communes britanniques, a en effet demandé aux dirigeants d’Asos, de Boohoo, de Missguided, d’Amazon.co.uk ou de PrettyLittleThing de venir témoigner devant son institution.

 

 

Dans une vision globale, la mode est pointée du doigt ces derniers mois par des statistiques, recueillies notamment par la fondation Ellen MacArthur. Cette dernière a constaté que l’industrie du vêtement était l’une des plus polluantes du monde, avec 150 millions d’arbres abattus par an, et un camion de vêtements usagés envoyé chaque seconde vers un site d’enfouissement.

Source : Carnets de Luxe

 

Epicycle, concept-store autour de la mode circulaire

Après la chute et Oxfam présentent l’Epicycle, un concept-store autour de la mode circulaire qui a ouvert ses portes le 13 novembre à Lille.

Ce projet est le résultat de la collaboration des Magasins Oxfam avec Majdouline Sbaï, sociologue spécialisée dans l’environnement, autrice d’ Une mode éthique est-elle possible ? ; entrepreneuse et fondatrice d’Après la chute, plate-forme de solutions d’upcycling textile.

Le nom d’Après la chute fait référence à un renouveau après l’effondrement de l’industrie textile, de la fast fashion et du modèle économique en place qui est nuisible pour l’écologie et pour les personnes qui y travaillent. L’idée est de construire un autre modèle qui rémunère à juste valeur les acteurs de l’industrie, qui soit éco-responsable, qui offre une traçabilité des produits et des pratiques. Cette entreprise ambitionne de créer une nouvelle filière de recyclage textile…

Le magasin éphémère deviendra un espace de vie, de travail et d’innovation ouvert aux créateur.trice.s, designers, bénévoles et client.e.s, qui vont échanger autour des ateliers et des collections.

Visiter Epicycle

Adresse : 24, rue de l’Hôpital Militaire, Lille

Horaires d’ouverture : du 13 novembre au 12 janvier, du mardi au vendredi de 11h à 18H, samedi de 11h à 19H.


Source : Oxfam France

[Initiative] Auddicé, mécène de l’association d’insertion La Ferme des vanneaux

Auddicé est un bureau d’études.

La Ferme des Vanneaux est une structure d’insertion par l’activité économique.

Chacun vit dans son monde. Sur le papier. Louis-Philippe Blervacque, le patron d’Auddicé, a décidé d’accompagner la structuration du modèle économique de l’activité maraîchage de la ferme.

Source : La voix du Nord

 

Une plateforme logistique à vocation humanitaire en IdF

Créée par Croix-Rouge insertion, association loi 1901 fondée par la Croix-Rouge française, la plateforme logistique abrite une nouvelle entreprise d’insertion « Logistique ».

Baptisée Croix-Rouge insertion « Logistique », cette plateforme à vocation entrepreneuriale est destinée à permettre le retour à l’emploi des plus précaires sur les métiers porteurs de la logistique (caristes, manutentionnaires, chauffeurs, préparateurs de commande). D’une superficie de 3 300m², elle compte cinq salariés encadrés par des professionnels de la logistique, de l’aide humanitaire et de l’insertion par l’activité économique.

Grâce à des dons en nature de matériels de l’enseigne Lidl, elle assure la logistique de l’aide alimentaire liée aux Fonds européen d’aide aux plus démunis (FEAD) de la Croix-Rouge française, troisième opérateur associatif de l’aide alimentaire en France.

Le site, situé à Pantin dans le 95, permet un accès facile aux transports routier, ferroviaire, fluvial et aérien pour desservir l’ensemble des besoins logistiques en France et à l’international.

Sources :  VoxLog ; Croix-Rouge ; transportissimo.com  .

Vidéo : Croix-Rouge

 

Thierry Marx : « On est tous acteurs de la consommation mondiale »

Le chef deux-étoiles, Thierry Marx, propose des solutions actuelles pour améliorer la gastronomie de demain. Interview.

Dans le cadre d’une conférence sur la gastronomie en 2050, organisée ce lundi 12 novembre au salon EquipHotel, le chef s’est associé à des étudiants des écoles Ferrandi, Essec et Ensci-Les Ateliers pour réfléchir sur l’évolution de la restauration et de l’alimentation d’ici 32 ans. « Si on continue comme aujourd’hui, en 2050 seuls les très riches pourront bien manger, les autres n’auront que le pire de l’alimentation, avec de la lyophilisation à outrance et autres... » De quoi soulever les problématiques écologiques, et d’envisager des solutions.

Dans cet interview, Thierry Marx aborde toutes les questions de fond sur les impacts des « timides » décisions politiques, sociales, sociétales quant au réchauffement climatique et les risques induits sur l’alimentation mondiale.  Il existe déjà des retombées sur nos modes de consommation et notre santé. 

A quoi ressemblera la gastronomie en 2050 ? « Poser cette question, c’est avant tout poser une question sur l’avenir de l’environnement. Si l’environnement n’est pas stable, alors la gastronomie est déstabilisée. Pour préserver les ressources, il faut préserver l’environnement. »

La question de l’eau ? « Si nous restons sur les mêmes rythmes de consommation tout en passant à 9,7 milliards d’humains, alors la planète va cruellement manquer d’eau. Et la première problématique est l’élevage intensif. »

L’agriculture intensive ?   « il faut vraiment réduire les intrants chimiques qui appauvrissent nettement les sols. Par exemple, la terre de la Beauce est passée de 2 tonnes de lombrics par hectare en 1955, à moins de 200 kg aujourd’hui ! Avec des sols vivants, la production est vivante ; alors qu’avec trop de la chimie lourde, les risques à long terme pour la santé augmentent. »

Le prix des produits consommés ?  « Il est idiot de prendre le prix pour seule valeur de négociation. Le développement durable ne peut pas reposer sur une logique de prix. Il faut arrêter de voir la théorie du low cost comme une logique sociale : cela n’a jamais profité aux pauvres, mais uniquement à quelques riches. On est tous acteurs de la consommation mondiale, et cette échelle de valeurs nous aiderait à mieux comprendre ce que nous consommons. (…) Le prix n’est pas l’important en gastronomie, c’est plutôt l’impact social et environnemental.  »

Quelles solutions ? « Je reste optimiste » (…) « Se pose une question essentielle : comment faire pour que chaque citoyen du monde ait la capacité de mesurer l’impact social et environnemental des produits qu’il consomme. En somme, savoir dans quelles conditions ils ont été produits, aussi bien si les producteurs sont bien traités, et si des produits chimiques ont été utilisés. »

Le réchauffement climatique va-t-il aussi avoir un impact ? Totalement. Cela va pousser à réinventer les circuits pour une économie courte (…) Le réchauffement est non négociable et va faire évoluer la production. C’est déjà, le cas…

Thierry Marx interviendra sur le thème « Quelle expérience gastronomique à horizon 2050 », ce lundi 12 novembre à partir de 9h45 au salon EquipHotel, à Paris expo Porte de Versailles.

 


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