« Accès aux services essentiels », question centrale ISO26000

« Accès aux services essentiels », une question centrale de responsabilité sociétale et de responsabilité de l’État.

Assurer, garantir, améliorer, éliminer les obstacles… telles sont les attentes exprimées par la communauté web et la société civile.

 

  • droit à la satisfaction des besoins fondamentaux
  • santé et accès aux soins
  • accès à l’eau et assainissement
  • accès au logement et à un logement décent
  • cadre de vie
  • réseaux de transport et mobilité
  • emplois et accès à l’emploi
  • éducation et accès à l’enseignement

 

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Tech, Numérique : l’embauche des femmes, un enjeu sociétal

L’embauche des femmes, enjeu majeur des entreprises de la Tech

Le numérique commence à souffrir économiquement du manque de parité. Des idées, parfois des initiatives, commencent à fleurir en particulier dans les start-up du numérique, où les femmes sont très fortement minoritaires, dans la création comme dans les effectifs.

« Grammaticalement, l’entrepreneuriat est féminin. Financièrement, ce n’est pas le cas », alors que « les femmes doivent, autant que les hommes, être parties prenantes dans l’élaboration des usages, biens et services qui définiront le monde de demain. C’est un enjeu sociétal majeur ».

Une étude du Boston Consulting Group a conclu que les entreprises fondées par des femmes sont plus profitables que celles fondées par des hommes.

Source


Autres sources :

Les TPE dirigées par des femmes sont plus solides…

Les TPE dirigées par des femmes sont plus solides, mais moins nombreuses

Selon le 5e baromètre parité de Manageo, le nombre de petites entreprises créées et dirigées par des femmes est en baisse pour la première fois en 6 ans. Dans le même temps, les TPE dirigées par des femmes ont 40 % de risque en moins de déposer le bilan.

Source

Infographie

 

 

‘Pouvoir d’achat’ … une expression « bannie » des discours du Président Macron ?

« Un sondage met le pouvoir d’achat comme priorité des Français, loin devant l’emploi » titre un récent article paru dans le quotidien Ouest France, tandis que le mouvement des Gilets jaunes conserve un soutien de 55 % des sondés, malgré une nouvelle légère baisse.

Un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et « Le Figaro », qui pointe que 55% des Français souhaitent que le mouvement se poursuive (publié le 03/01/2019). S’il est encore soutenu par près des deux tiers des ouvriers (64%), à l’inverse, les deux tiers des cadres (66%) souhaitent que le mouvement cesse.

Image « Éditorial. Réinventer le débat citoyen » (OuestFrance)

La crise sociale impulsée par les ‘Gilets jaunes’ fait émerger 2 France, celle des « urbains » opposée à  celle des « ruraux », celle des « employables » opposant celle des « déclassés ». Les gilets jaunes sont donc d’abord un mouvement lié à un sentiment de déclassement et d’injustice dans des territoires où l’on n’a pas les mêmes accès à l’emploi et aux services, fait remarquer le sénateur Ronan Dantec (lire l’article de reporterre.net).

Le déficit de réels projets d’aménagements des territoires, la concentration des décisions d’investissements structurels sur les zones urbaines, le développement intercommunal (la course au « gigantisme » ?) au détriment du local, de la proximité, de l’humain… créent un ensemble de fractures sociale, économique, sanitaire, sociétale. « C’est la grande diagonale du vide et les territoires qui sont à 40, 50 km et qui n’ont pas leur place dans la dynamique métropolitaine. Comme ils ne sont pas attractifs, le logement n’y est pas cher, et ils récupèrent des populations avec un niveau de vie très contraint. Ce sont ces territoires-là qui concentrent les frustrations et nourrissent les gilets jaunes« , rappelle Ronan Dantec.

La conduite de politiques déconnectées de la réalité quotidienne que vit et ressent une grande partie de la population française, la non prise en compte d’un contexte sociologique fragilisé et vulnérable, l’absence de critères ou marqueurs sociétaux dans la définition du pouvoir d’achat (différence entre l’évolution du revenu des ménages et l’évolution de l’indice des prix), les bouleversements économiques et technologiques impactant des appropriations à deux vitesses amènent à une disruption sociale.

En septembre 2018, fédérations et associations nationales de lutte contre la pauvreté et l’exclusion
membres de la Commission lutte contre la pauvreté de l’UNIOPSS et des collectifs inter-associatifs locaux mentionnent que « les mesures annoncées demeurent insuffisantes pour corriger les effets néfastes des choix politiques antérieurs, sur lesquels la stratégie pauvreté ne revient pas : baisse drastique des contrats aidés, diminution des APL, fragilisation des bailleurs sociaux, augmentation de la CSG, annonces sur la non-indexation de certains minima sociaux alors que l’inflation accélère.
Ces mesures ont notamment un impact sur le pouvoir d’achat des ménages modestes et pauvres, que la stratégie ne corrige pas. » Le renforcement prévu des contrôles de Pôle Emploi risque d’alourdir l’incompréhension.

Or, face à la crise né du mouvement des Gilets Jaunes, les réponses apportées par Emmanuel macron, président de la république française, dans sa communication institutionnelle occultent entièrement la notion de « Pouvoir d’Achat », nœud modal de la cristallisation du mouvement social. Aucun de ses récents discours (10 décembre et 31 décembre 2018 à l’occasion des vœux) ne mentionnent l’expression « Pouvoir d’Achat » !

Et de citer « je n’oublie pas qu’il y a une colère, une indignation et cette indignation, beaucoup d’entre nous, beaucoup de Français peuvent la partager« .

Le nombre de messages Twitter mentionnant le « pouvoir d’achat » émergents en octobre et novembre a « explosé » en décembre, notamment après le jour de Noël.

On notera quelques glissements linguistiques entre les 2 discours :

  • changements climatiques <=>  lutter contre le réchauffement climatique
  • créer des emplois <=>  accéder à un travail … maîtrise de sa vie
  • évasion fiscale <=>  lutter contre les intérêts profonds
  • nouveau contrat pour la Nation <=>  fraternité quotidienne, surmonter ensemble les égoïsmes nationaux

Le débat national est commun aux 2 discours

 

Documentation :

  • Stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté (cp) – sept. 2018
  • Présentation détaillée de la stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté (dossier) – oct. 2018
  • Discours du Président Macron :  allocution du 10 décembre ; vœux du 31 décembre
  • Dix principes pour penser dans un monde complexe [article de Ousama Bouiss (Doctorant en stratégie et théorie des organisations, Université Paris Dauphine – PSL)]
  • 8 mesures pour votre pouvoir d’achat (brochure pdf) (sept. 2017)

 


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Les PDG qui ont des filles dirigent leur entreprise de façon plus éthique

Dans une étude relayée par la Harvard Business Review, deux professeurs d’écoles de commerce ont établi un lien entre le fait pour un PDG d’avoir une fille et le management éthique de son entreprise. Henrik Cronqvist, de l’Université de Miami, et Frank Yu, de la China Europe International Business School, ont analysé le classement de centaines de grandes entreprises en matière de responsabilité sociétale dans des domaines comme la diversité, les relations entre employés ainsi que le respect de l’environnement et des droits de l’homme.

Les chercheurs ont constaté que lorsqu’un PDG avec au moins une fille dirigeait une entreprise, ses indicateurs de RSE étaient en moyenne 11,9% plus élevés que la médiane.

Sources : slate ; hbr

article publié par slate en nov 2015

Discours d’Emmanuel Macron : répondre à l’état d’urgence économique et sociale ? (10déc2018)

Discours d’Emmanuel  Macron à la Nation, le 10 déc. 2018

Ce 10 décembre 2018, à 20h, le Président de la République, Emmanuel Macron,  s’est adressé aux Françaises et aux Français, en prononçant un discours retransmis à la télévision.  Moment très attendu par la société civile, les « gilets jaunes » et la classe politique, après les événements de crise vécus de ces dernières semaines.

Lire également : ‘Pouvoir d’achat’ … une expression « bannie » des discours du Président ?

Le contenu du discours

D’entrée, le  ton est donné en ce qui concerne le désordre et l’anarchie, car quand la violence se déchaîne, la liberté cesse.

  • Les événements de ces dernières semaines dans L’Hexagone et les Outre-Mer ont troublé profondément la Nation.
  • Ils ont mêlé des revendications légitimes et un enchaînement de violences inadmissibles et je veux le dire d’emblée.

… rappelant le jeu des opportunistes qui ont essayé de profiter des colères sincères pour les dévoyer et pointant les irresponsables politiques dont le seul projet était de bousculer la République.

En deuxième lieu,  le contexte social, économique, financier, politique, sociétal que vit la population reflète quarante années de malaise qui ressurgissent. Le malaise est profond qu’il émane des travailleurs, des territoires, villages comme quartier : altération du cadre de vie, disparition des services publics, et/ou du citoyen qui développe le sentiment de ne pas être entendu.

Et de décréter … l’état d’urgence économique et sociale.

Le discours est construit autour de 10 thèmes clés

Le discours est construit autour de 10 thèmes clés, composé de 2 socles :

– Une introspection personnelle et situationnelle : Le sentiment, Le comportement

– L’annonce de mesures immédiatement mises en œuvre et/ou programmées dans les semaines et mois à venir : La politique; Le temps; La Nation, le pays, le peuple, la France ; Les impôts; Le droit; La communication et le dialogue; L’emploi

 

La politique :

… et d’annoncer des mesures :

  • Ces changements de fond qui demandent une réflexion profonde et partagée, imposent un débat sans précédent. Il devra se dérouler au niveau national dans nos institutions, chacun y aura sa part : gouvernement, assemblées, partenaires sociaux et associatifs ; vous y aurez votre part.
  • un tel débat n’est pas seulement affaire de représentants institutionnels ; il doit se dérouler aussi partout sur le terrain et il est des interlocuteurs naturels, des citoyens qui doivent en recevoir les demandes et s’en faire les relais : ce sont les maires ; ils portent la République sur le terrain.
  • Dès demain, le Premier Ministre présentera l’ensemble de ces décisions aux parlementaires.
  • le devoir d’apprendre pour être un citoyen libre,
  • la prise en compte du vote blanc et même que soient admis à participer au débat des citoyens n’appartenant pas à des partis.

 

Le temps :

  • entendre la détresse du couple de salariés qui ne finit pas le moiset se lève chaque jour tôt
  • écouter ces femmes de courage, la mère de famille célibataire, veuve ou divorcée, qui ne vit même plus, qui n’a pas les moyens de faire garder les enfants et d’améliorer ses fins de mois et n’a plus d’espoir.

… et d’annoncer des mesures :

  • supprimer toutes les augmentations prévues pour le début d’année prochaine;

… et d’annoncer des mesures immédiatement mises en œuvre :

  • Le salaire d’un travailleur au SMIC augmentera de 100 euros par mois dès 2019
  • de verser une prime de fin d’année à leurs employés
  • Pour ceux qui touchent moins de 2. 000 euros par mois,
  • nous annulerons en 2019 la hausse de CSG subie cette année ;
  • et prendrai des décisions en ce sens dès cette semaine.

 

La Nation, le pays, le peuple, la France :

  • Nombre d’autres pays traversent ce mal vivre
  • c’est notre vocation au travers de l’Histoire d’ouvrir ainsi des chemins jamais explorés pour nous-mêmes et pour le monde. Je le veux pour nous tous Français parce qu’un peuple qui se divise à ce point, qui ne respecte plus ses lois et l’amitié qui doit l’unir est un peuple qui court à sa perte.
  • Je veux aussi que nous mettions d’accord la Nation avec elle-même sur ce qu’est son identité profonde, que nous abordions la question de l’immigration. Il nous faut l’affronter.
  • Nous voulons bâtir une France du mérite, du travail,
  • une France où nos enfants vivront mieux que nous.

… et d’annoncer des mesures :

  • Le dirigeant d’une entreprise française doit payer ses impôts en France et les grandes entreprises
  • Je veux que soit posée la question de l’organisation de l’Etat, de la manière dont il est gouverné et administré depuis Paris, sans doute trop centralisé depuis des décennies. Et la question du service public dans tous nos territoires. 
  • Nous voulons une France où l’on peut vivre dignement de son travail ? (…)Le salaire d’un travailleur au SMIC augmentera de 100 euros par mois dès 2019 sans qu’il en coûte un euros de plus pour l’employeur.

 

Le sentiment :

  • je n’oublie pas qu’il y a une colère, une indignation et cette indignation, beaucoup d’entre nous, peuvent la partager (…)je ne veux pas la réduire aux comportements inacceptables
  • ces femmes de courage pour la première fois disant cette détresse sur tant de ronds-points !
  • Leur détresse ne date pas d’hier mais nous avions fini lâchement par nous y habituer et au fond,
  • malaise démocratique où se développe le sentiment de ne pas être entendu ;
  • Il a pu m’arriver de vous donner le sentiment que ce n’était pas mon souci, que j’avais d’autres priorités. Je sais aussi qu’il m’est arrivé de blesser certains d’entre vous par mes propos. que ce n’était pas mon souci,
  • par le dialogue, le respect, l’engagement, nous réussirons.
  • Mon seul souci, c’est vous ; mon seul combat, c’est pour vous. 

NDLR : employer le terme « souci » dans ce contexte peut prêter à confusion, à interprétation. Ici, il faut comprendre le terme souci comme un état d’esprit de quelqu’un qui s’inquiète à propos d’une personne à laquelle il accorde de l’importance. (Cntrl)

 

Le comportement :

  • ces violences ne bénéficieront d’aucune indulgence.
  • Nous avons vu tous le jeu des opportunistes qui ont essayé de profiter des colères sincères pour les dévoyer.
  • Aucune colère ne justifie qu’on s’attaque à un policier, à un gendarme,
  • qu’il y a une colère, une indignation et cette indignation, beaucoup d’entre nous,
  • je ne veux pas la [ie la colère des Gilets Jaunes] réduire aux comportements inacceptables que je viens de dénoncer.
  • Ce fut d’abord la colère contre une taxe
  • mais cette colère est plus profonde,
  • ces femmes de courage pour la première fois disant cette détresse sur tant de ronds-points !
  • Si je me suis battu pour bousculer le système politique en place, les habitudes, les hypocrisies,
  • J’entends que le gouvernement poursuive l’ambition des transformations de notre pays

 

Les impôts :

  • Je sais que certains voudraient dans ce contexte que je revienne sur la réforme de l’impôt sur la fortune

      … et d’affirmer

  • Conformément aux engagements pris devant vous, cet impôt [ISF] a été supprimé pour ceux qui investissent dans notre économie et donc aident à créer des emplois

… et d’annoncer des mesures immédiatement mises en œuvre :

  • les heures supplémentaires seront versées sans impôts ni charges dès 2019.
  • c’est pourquoi je demanderai à tous les employeurs qui le peuvent, de verser une prime de fin d’année à leurs employés et cette prime n’aura à acquitter ni impôt ni charge.
  • nous annulerons en 2019 la hausse de CSG subie cette année ;
  • Le dirigeant d’une entreprise française doit payer ses impôts en France et les grandes entreprises, qui y font des profits doivent y payer l’impôt,
  • nous répondrons à l’urgence économique et sociale par des mesures fortes, par des baisses d’impôts plus rapides, par une meilleure maîtrise des dépenses plutôt que par des reculs.
  • Je veux que soit posée la question de l’équilibre de notre fiscalité

 

Le droit :

… et d’annoncer des mesures immédiatement mises en œuvre :

  • Le dirigeant d’une entreprise française doit payer ses impôts en France et les grandes entreprises qui y font des profits doivent y payer l’impôt, c’est la simple justice.

… et d’annoncer des mesures à mettre en œuvre :

  •  Cependant, le gouvernement et le Parlement devront aller plus loin pour mettre fin aux avantages indus et aux évasions fiscales.
  • la possibilité de voir les courants d’opinion mieux entendus dans leur diversité, une loi électorale plus juste,
  • pour qu’elle [ie. question de l’équilibre de la fiscalité] permette à la fois la justice et l’efficacité du pays.

 

La communication et le dialogue :

  • par le dialogue, le respect, l’engagement, nous réussirons.

… et d’annoncer des mesures à mettre en œuvre :

  • la prise en compte du vote blanc et même que soient admis à participer au débat des citoyens n’appartenant pas à des partis.
  • Ces changements de fond qui demandent une réflexion profonde et partagée, imposent un débat sans précédent.
  • gouvernement, assemblées, partenaires sociaux et associatifs ;
  • et il est des interlocuteurs naturels, des citoyens … ce sont les maires.

Et d’ajouter :

  • C’est pourquoi je rencontrerai moi-même les maires de France, région par région, pour bâtir le socle de notre nouveau contrat pour la Nation.

 

L’emploi :

  • afin qu’on puisse vivre mieux de son travail dès le début de l’année prochaine.
  • que le surcroît de travail accepté constitue un surcroît de revenu ;
  • alors même que nous sommes en train de recréer des emplois dans tous les secteurs.
  • nous avons devant nous à conduire une réforme profonde de l’Etat, de l’indemnisation du chômage et des retraites.

… et d’annoncer des mesures immédiatement mises en œuvre :

  • les heures supplémentaires seront versées sans impôts ni charges dès 2019.

 

Les autres thèmes

D’autres thèmes sont évoqués. Entre autres on citera

  • la formation (L’investissement dans la Nation, dans l’école et la formation est inédit… Cela ne peut se faire que par une meilleure école, des universités, de l’apprentissage et des formations)
  • les territoires (C’est pourquoi je rencontrerai moi-même les maires de France, région par région,)
  • la famille (C’est celle des retraités modestes qui ont contribué toute leur vie et souvent aident à la fois parents et enfants et ne s’en sortent pas.)
  • les modes de vie (malaise face aux changements de notre société, à une laïcité bousculée et devant des modes de vie qui créent des barrières, de la distance.)
  • le climat (que soit posée la question de notre quotidien pour faire face aux changements climatiques)
  • le handicap (C’est celle des plus fragiles, des personnes en situation de handicap dont la place dans la société n’est pas encore assez reconnue. Leur détresse ne date pas d’hier… nous avions fini lâchement par nous y habituer et au fond, tout se passait comme s’ils étaient oubliés, effacés.)

 

Certains sujets ont été « effleurés » : l’Europe, l’immigration, les parties prenantes, le commerce et les petits commerçants, les travailleurs précaires, les travailleuses à temps partiel, créer des emplois…

 

Certains thèmes n’ont pas été cités : l’écologie, le transport et la mobilité, l’industrie, les infrastructures, la protection sociale et son modèle, l’ancrage local des entreprises, l’adoption de mesures en faveur de l’environnement, le climat et les catastrophes naturelles, l’agriculture et les circuits courts, l’approvisionnement, le droit international, le droit européen, l’égalité des chances, le pouvoir d’achat, le vieillissement de la population …

 

 

La forme du discours

L’utilisation du « je » est certes employé, mais il est à mettre en regard du « nous » (Je le veux pour nous tous Français)  et du « vous » (Il a pu m’arriver de vous donner le sentiment que ce n’était pas mon souci, que j’avais d’autres priorités. Je sais aussi qu’il m’est arrivé de blesser certains d’entre vous par mes propos. Je veux ce soir être très clair avec vous.).

Plutôt dynamique et porté dans l’action, le discours s’est construit autour d’adverbes d’intensité, tels que plus, moins, tous, à bien des égards, beaucoup…

 

Les termes les plus utilisés

On citera (par ordre décroissant) :

  • nation, France, question, année, travail, impôt, français, colère, changement, malaise, mois, gouvernement, devoir, citoyen…
  • vouloir, devoir, pouvoir, voir, vivre…

 

Source : site de l’Elysée

 

La gestuelle du discours

L’analyse non-verbale du discours d’Emmanuel Macron après le mouvement des gilets jaunes. Youtube avec FabienOlicard 


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L’économie circulaire a le vent en poupe…

En février 2017, 33 grandes entreprises s’engageaient en faveur de l’économie circulaire. Presque deux ans après, l’Afep dresse un premier bilan. Selon l’association patronale, 95 % des promesses suivent le rythme prévu ou sont en avance. Dix exemples prouvent que la mobilisation est bien lancée.

L’heure du bilan a sonné pour les 33 entreprises engagées en faveur de l’économie circulaire. Selon l’Afep, 79 % des engagements pris en février 2017 suivent le rythme prévu et 16 % sont même en avance. « Il y a plus que jamais des entreprises moteurs, les choses avancent« , se réjouit Brune Poirson, secrétaire d’État à la transition écologique et solidaire. Elle organisait jeudi 25 octobre un colloque à l’hôtel de Roquelaure rassemblant les acteurs du secteur.

Novethic a sélectionné dix exemples illustrant cette dynamique.

(c) Afep

L’Afep a organisé avec 5 autres associations d’entreprises (C3D, EpE, France Industrie, INEC, OREE) à l’Hôtel de Roquelaure le 25 octobre 2018, le colloque « Économie circulaire : les entreprises dans la boucle ! ». L’Afep a rendu publics à cette occasion le suivi 2018 des 100 engagements économie circulaire pris en 2017 par 33 entreprises, et 21 nouveaux engagements de 12 entreprises, en soulignant le besoin que l’État poursuive avec les acteurs économiques les engagements pour la croissance verte.

 

Sources : Novethic ; Afep

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La culture joue un rôle dans la reconstruction des villes (UNESCO/Banque mondiale)

La Banque mondiale et l’UNESCO évoqueront le rôle essentiel que joue la culture dans la planification et le financement de projets pour les villes victimes de la guerre et des catastrophes à l’occasion de la présentation d’un nouveau document d’orientation intitulé La culture dans la reconstruction et le relèvement des villes, le 16 novembre (17 h 30) au siège de l’UNESCO.

La croissance rapide de l’urbanisation dans le monde expose les villes et leurs habitants aux effets dévastateurs de conflits d’une complexité croissante et de catastrophes naturelles de plus en plus fréquentes. D’ici 2030, on estime que les catastrophes coûteront aux villes du monde entier quelque 314 milliards de dollars par an, soient près de deux fois plus que la moyenne des 15 années précédentes. L’approche décrite dans CURE (1) intègre la culture dans les politiques de développement urbain durable pour aider à créer des environnements urbains inclusifs, sûrs, résilients et durables pour tous.

Les deux organisations mènent actuellement des projets opérationnels conjoints en Arménie, en Chine, en Géorgie, en Haïti, au Mali, au Pakistan et en Papouasie-Nouvelle-Guinée.


 

Source ; UNESCO

(1) Le programme CURE s’inscrit dans le cadre d’une initiative plus large qui fait suite à la signature d’un Mémorandum d’accord entre l’UNESCO et la Banque mondiale en juillet 2017.

 

DDR18 (exercice fiscal 2017) et scores RSE : les sociétés cotées attentives à leurs obligations légales

Conformément à la directive européenne de 2014, les entreprises doivent établir une déclaration de performance extra-financière dans leur rapport annuel de gestion, pour les exercices ouverts depuis le 1er septembre 2017. La transposition dans le droit français a été établi par ordonnance le 19 juillet 2017 [1] et par décret n° 2017-1265 du 9 août 2017 [2].  L’article 225 de la loi Grenelle II du 12 juillet 2010 et son décret d’application du 24 avril 2012 constitue le cœur du dispositif en matière de transparence [3].

Afin de renforcer la cohérence et la comparabilité des informations non financières publiées dans l’ensemble de l’Union, certaines grandes entreprises devraient établir une déclaration non financière comprenant des informations relatives au moins aux questions d’environnement, aux questions sociales et de personnel, de respect des droits de l’homme et de lutte contre la corruption.

Le panel des DDR 2018 (exercice fiscal 2017)

Peu d’entreprises cotées Euronext (5%) déposent leurs DDR au cours des 2 premiers mois de l’année.  Le plus grand nombre (70%) cible les mois de mars/avril (clôture d’exercice au 31 décembre).

Plus de 85% d’entre elles déposent leur document de référence au 1er semestre de l’année.

ELIOR GROUP, COMPAGNIE DES ALPES, EXEL INDUSTRIES ont transmis leurs documents à l’AMF (Aurorité des Marchés Financiers) au cours du mois de janvier, pour un exercice fiscal clôturé au 30 septembre.

DDR 2018 : les caractéristiques textuelles

En moyenne, le nombre de pages et la densité lexicale des DDR ont tendance à légèrement diminuer sur 4 exercices continus. Ces caractéristiques sont à la fois dépendantes du corpus texte et de la base d’images insérées.

Des différences marquées existent entre 2 années successives. Par exemple, pour l’exercice 2017, en citant les premiers documents par ordre alphabétique, ALTAREA, AMOEBA, ARGAN, AXWAY SOFTWARE, COMPAGNIE DES ALPES ont augmenté leurs données informatives extra-financières, tandis que ACCOR, ALBIOMA, ALTRAN TECHNOLOGIES, ATOS SE, AUREA les ont « diminuées ».

DDR 2018 : les déclarations RSE « mieux disantes »

Quelles thématiques liées aux recommandations portées par la norme de comportement ISO 26000 sont plus présentes dans les DDR 2018 vs DDR 2017 ? Les constats portent sur un échantillon de 45 documents de référence, que nous avons sélectionnés d’après leur nomenclature NAF/APE et selon leur score RSE (haut, moyen, bas).

La progression la plus nette concerne l’univers des obligations légales :

(…) le risque de non-respect des obligations légales dans la conduite de projet. (…) Les déchets sont gérés globalement par le propriétaire ou par des sous-traitants externes, conformément aux obligations légales locales. (…)  Au delà des obligations légales, à l’occasion de la rénovation des locaux, l’accessibilité de nos centres aux personnes circulant en fauteuil roulant est prise en compte. (…) En outre, sont instituées des sanctions pénales en cas d’inobservation par un exploitant de ses obligations légales et réglementaires, (…) Les dépenses de sécurité engagées à la suite d’obligations légales. (…) En 2017, le groupe a consacré plus de 32 millions d’euros, des moyens financiers significatifs et supérieurs aux obligations légales et conventionnelles, (…) les entités mettent en oeuvre dans leurs procédures les obligations légales et les recommandations professionnelles (…) respecter leurs obligations légales (locales, françaises, réglementaires)

… et d’ajouter

Au sein du Groupe, outre les éventuels dispositifs légaux existants, certaines filiales ont mis en place des programmes volontaires d’intéressement des salariés aux résultats de la filiale.

On citera : développement local et développement des compétences ; contribution au développement local ; les communautés locales ;  la communication avec les parties prenantes et les ONG ; les violations des droits de l’homme…

L’attention portée à la vie personnelle et à la vie professionnelle est plus marquée.

(…) différentes actions ont été mises en oeuvre sur le périmètre français visant à favoriser l’équilibre vie personnelle/vie professionnelle des salariés (..) et concilier un équilibre vie professionnelle/vie personnelle – Être exemplaire dans l’exercice de nos valeurs RSE (…) Par ailleurs, [X] salariés bénéficient, au titre de l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, d’aménagement d’horaires. (…) et anime un réseau d’acteurs impliqués dans le domaine de la parentalité en entreprise et de la recherche d’un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. (…) Cette volonté se traduit par la mise en place d’une charte d’équilibre vie professionnelle/vie personnelle, l’accompagnement des salariés dans les événements de leur vie (parentalité, maladie, accidents, etc.

La notion d’erreur et la prévention associée font l’objet de programme de gestion des risques.

(…) Risques d’erreur de traitements des opérations ; le risque lié aux erreurs humaines ou aux erreurs de codes ; et de contrôler les risques d’erreur et de fraude. (…) La police relative à la séparation des tâches (SOD) définit les responsabilités pour la mise en oeuvre et le suivi de mesures organisationnelles et techniques proportionnées aux risques d’erreurs et de fraudes. (…) un manque de transparence ou des erreurs dans sa communication ou des erreurs en particulier sur ses résultats financiers pourraient impacter sa réputation. (…) la corruption de données conservées électroniquement, les violations de la réglementation, les erreurs humaines et les attaques terroristes. (…) la responsabilité du Groupe pourrait être mise en cause en cas d’erreur de conception d’un produit,

… et de maitriser

(…)  les risques résultant de l’activité de l’entreprise et les risques d’erreurs et de fraudes, en particulier dans les domaines comptable et financier. (…) la maîtrise des risques d’erreurs, inexactitudes ou omissions d’informations significatives (…) anomalie significative résultant d’une erreur (…) Son automatisation permet de limiter les risques d’erreurs liées à la manipulation humaine. (…) mise en place d’une démarche visant à mieux comprendre l’erreur humaine (…) détecter et réparer les conséquences de ces erreurs. (…) Ce travail a été accompagné par une sensibilisation autour de l’erreur humaine.

Les effets négatifs, les impacts des activités notamment les impacts sur l’environnement ou ceux liés aux décisions sont particulièrement scrutés.

(…) qui pourrait avoir des effets négatifs sur les cycles naturels de l’eau, les sols, la biodiversité et les écosystèmes. (…) La survenance de tels événements pourrait avoir des effets négatifs sur l’image de X (…) éviter les effets négatifs importants (…) afin de minimiser leurs effets négatifs sur la santé et l’environnement ; le Groupe s’efforce de réduire son impact négatif dans les domaines … (…) limiter l’impact négatif sur l’environnement de la gestion des activités du Groupe (…) La stratégie bas carbone s’engage à minimiser les impacts négatifs sur l’environnement, en particulier via une politique de limitation de ses émissions de CO. (…) [s’assurer] que les impacts négatifs potentiels ont été identifiés (…)

DDR 2018 : les déclarations RSE « en retrait » par rapport à l’exercice précédent

On notera que certaines thématiques « RSE minded » (ou ISO 26000 compatibles) ont perdu de leur « intérêt » dans les rapports 2018 par comparaison avec 2017. On citera :

  • Codes de conduite ; Comportement éthique
  • Cycle de vie
  • Gaz à effet de serre ; Utilisation durable des ressources
  • Associations de consommateurs ; Groupe de consommateurs ; Protection des consommateurs
  • Auto évaluation
  • Incidents
  • Handicap
  • Normes internationales

DDR 2018 : le score RSE d’après notre baromètre Sim26k (Indice de Convergence avec la norme ISO 26000)

Sur les documents de référence, LOG’ins Consultants applique sa méthode d’analyse via sa gamme de services ConvergenceRSO [4], qui comprend :

  • un positionnement relatif (par comparaison avec un panel) > Quartile d’un panel de contenus similaires (standard ou personnalisé).
  • un positionnement détaillé, relevant d’expressions terminologiques (ET) et d’expressions voisines (EV) de l’univers de référence normatif.

En moyenne, le score RSE augmente sur 4 exercices continus. On notera une croissance du score (+2,6%) entre 2016 et 2017, qui marque ainsi le fait que les entreprises cotées visent la conformité aux obligations de transparence et de reporting extra-financier, ainsi que celui d’une structuration des données en matière sociale et environnementale.

Les entreprises dédient dorénavant un chapitre à la RSE. Sur la base d’un échantillon de documents et pour ceux qui avaient consolidé leurs données, le nombre de pages dédiées a fortement augmenté. A titre d’exemple, on citera FAURECIA (de 13p à 42p), GL EVENTS (de 7 à 28p), GUERBET (de 4p à 18p). Rapport intégré et consolidation ont apporté une rigueur à la communication extra-financière.

 

Classement SIM26k des 20 entreprises les « mieux disantes » : rang 2017 ; évolution du classement 2017 par rapport à celui de 2016

 

Classement SIM26k pour les entreprises immatriculées sous le code NAF 58 (secteur de l’édition): rang (score ranking) 2017 vs 2016

 

 


1- Ordonnance n° 2017-1180 du 19 juillet 2017 relative à la publication d’informations non financières par certaines grandes entreprises et certains groupes d’entreprises

2- Décret n° 2017-1265 du 9 août 2017 pris pour l’application de l’ordonnance n° 2017-1180 du 19 juillet 2017 relative à la publication d’informations non financières par certaines grandes entreprises et certains groupes d’entreprises

3- Décret n° 2012-557 du 24 avril 2012 relatif aux obligations de transparence des entreprises en matière sociale et environnementale

4- Comment situer la communication (sociale, sociétale, environnementale…) des DDR par rapport à l’ISO 26000


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L’accompagnement du dirigeant de PME et la réaffirmation de son rôle sociétal

L’accompagnement, comme outil d’aide à la décision

 

Bien que représentant 99,9 % des entreprises françaises, les TPE-PME sont mal connues. Mieux les comprendre passe par l’intérêt porté à leur dirigeant, central mais paradoxalement très isolé.

Au-delà de l’amélioration attendue des performances économiques, accompagner le dirigeant peut lui permettre d’opérer une distanciation le réaffirmant dans son rôle sociétal essentiel.

En PME, un dirigeant central mais isolé

Bien qu’encore très minoritaire dans la recherche académique, la PME « ordinaire » fait l’objet, depuis plusieurs années, de nombreux travaux.

Ceux-ci ont permis de mieux en cerner les spécificités, la caractérisant, notamment, par un « mix de proximité » :

  • Une proximité hiérarchique, caractérisée par un dirigeant proche, physiquement (partageant le lieu et les conditions de travail de ses salariés) mais aussi humainement (connaissant chacun individuellement) ;
  • Une proximité fonctionnelle, qui se manifeste par l’absence de séparation des tâches et des fonctions, mais aussi par l’omniprésence et la polyvalence du dirigeant ;
  • Des systèmes d’information de proximité, la communication interne étant généralement simple et peu formalisée et les mécanismes de coordination souples et directs ;
  • Une proximité temporelle, avec un horizon court terme et une vision entrepreneuriale qui se confond avec la vision stratégique du dirigeant ;
  • Une proximité territoriale, qui passe par un marketing de proximité, dans un espace marchand relativement restreint, le plus souvent à l’échelle locale ou régionale, mais également par un réseau de voisinage, à l’intérieur duquel la PME recrute préférentiellement.

Cette analyse, comme d’autres, met en évidence le rôle central du dirigeant, même si tous ne se ressemblent pas. Certains sont plutôt « PIC » (cherchant prioritairement la pérennité et l’indépendance, la croissance ne venant qu’en troisième position). D’autres, à l’opposé, plutôt « CAP » (centrés sur la croissance et l’autonomie, mais beaucoup moins sur la pérennité).

Or, face à son rôle de décideur, le dirigeant de PME semble bien démuni. Selon l’enquête BPI 2016, les responsabilités face à un environnement complexe et incertain s’avèrent particulièrement lourdes. S’y ajoutent le manque de reconnaissance et les préjugés à l’égard des dirigeants de PME, la difficulté à s’entourer (en interne comme en externe), mais aussi les difficultés ponctuelles de trésorerie et la délicate conciliation entre vie professionnelle et vie privée.

Ces deux constats – centralité et isolement – rendent nécessaire de s’interroger sur, d’une part, la façon dont le dirigeant élabore sa vision stratégique, véritable sésame pour assurer une activité pérenne voire une croissance de l’entreprise et, d’autre part, l’accompagnement à prodiguer au dirigeant de PME, afin de l’aider dans ses décisions stratégiques, sans pour autant se substituer à lui.

La vision stratégique en PME : de l’intérêt d’un accompagnement

La vision stratégique consiste en la mise en tension vertueuse de l’entreprise. Elle est issue de l’écart entre ses objectifs et les moyens qu’elle va devoir mobiliser pour les atteindre. En PME, elle est d’autant plus cruciale que la stratégie y est peu formalisée, consistant à fixer des buts et des objectifs à l’initiative quasi exclusive du dirigeant propriétaire.

Ainsi, avant même d’évaluer la pertinence des décisions du dirigeant au regard de la vision, il convient de formuler (même implicitement) cette dernière. Certaines méthodes peuvent aider le dirigeant de PME, mettant l’accent sur la nécessité d’accompagner le dirigeant sur l’explicitation de sa vision stratégique, préalable indispensable à un nécessaire partage avec les autres membres de l’organisation, donc à la cohésion de l’entreprise.

Afin d’accompagner le dirigeant dans l’explicitation de sa stratégie – ce qui ne signifie pas élaborer la stratégie à ses côtés et encore moins se substituer à lui – le recours à un consultant peut s’avérer nécessaire.

Cependant, si le dirigeant attend parfois des « recettes » à contenu technique, lui permettant de résoudre immédiatement un problème qui se présente (par exemple, le recours à l’expert-comptable face à une demande spécifique des services fiscaux), l’accompagnement comporte une autre facette, moins visible mais plus ambitieuse : celle du partenaire de réflexion.

Et pour que l’accompagnement puisse porter ses fruits, il convient en amont que le dirigeant accepte d’être accompagné, donc fasse preuve de proactivité stratégique.

Permettre la distanciation

À travers une étude exploratoire portant sur cinq cas de PME ayant eu recours à une prestation d’accompagnement sur une durée de 2 ans, nous mettons en évidence trois niveaux d’analyse : l’effet positif de l’accompagnement sur la performance économique de la PME ; le travail de distanciation que l’accompagnement produit sur le dirigeant ; le caractère dynamisant d’une telle prestation.

Tout d’abord, la demande d’accompagnement est souvent liée à des difficultés financières. L’accompagnement prodigué permet une vraie amélioration de la performance économique, grâce à une meilleure proactivité et à un certain nombre de prises de décisions tant internes qu’externes.

Mais il convient de rappeler que les résultats financiers d’une entreprise ne témoignent que très imparfaitement de sa situation, et a fortiori de sa performance. En effet, cette dernière n’est pas seulement chiffrée, mais aussi sociale. Réussir à améliorer le résultat net ne passe pas par une compression purement mathématique des coûts, mais par la conduite de projets fédérateurs et partagés, le consultant aidant le dirigeant à repérer les meilleures méthodes de conduite du changement et de développement du potentiel humain.

Ensuite, le dirigeant se focalise en priorité sur des décisions opérationnelles. Il a de ce fait des difficultés à s’extraire du quotidien pour s’intéresser à des situations plus complexes et stratégiques pourtant nécessaires au développement et à la pérennité de son entreprise.

Ici, la prestation d’accompagnement peut permettre d’enrichir le dirigeant dans sa dimension stratégique. Les effets portent certes sur la performance économique de l’entreprise – qui constituent ce qui est d’abord attendu par le dirigeant en termes de résultats. Mais ils impactent aussi sa dimension plus personnelle, notamment par la distanciation qu’il va opérer.

En effet, le processus d’accompagnement permet au dirigeant de prendre du recul par rapport à la gestion quotidienne de son entreprise à travers trois relations structurantes :

  • Son rapport à l’environnement (concurrence) et/ou
  • Son rapport à son entreprise (activité et collaborateurs) et/ou
  • Son rapport à soi-même (en tant qu’individu et manager).

Enfin, un tel accompagnement, initié par une démarche proactive du dirigeant, agit comme une redynamisation entrepreneuriale. Celle-ci lui permet de « se penser lui-même dans son rapport avec l’entreprise » et son environnement, réaffirmant le dirigeant de PME dans son rôle sociétal essentiel.

Ainsi, alors que la plupart des PME restent frileuses vis-à-vis des consultants, peut-être est-il temps de réhabiliter l’accompagnement du dirigeant de PME en tant qu’outil central dans la formalisation de la stratégie.


Cet article a été publié sur The Conservation, le 9 novembre 2017, 22:06 CET

Auteurs

  1. Anne Albert-Cromarias

Enseignant-chercheur HDR, management stratégique, ESC Clermont

  1. Christophe Combaudon

Chargé de cours en management des organisations, Université Clermont Auvergne

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