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La crise renforce la pertinence du modèle de l’entreprise responsable


« Il n’y a pas d’opposition entre profitabilité et responsabilité », selon l’économiste Patrick Lenain.

Les chemins vers une économie durable sont pavés d’initiatives nombreuses. Les entrepreneurs les plus engagés sur les voies de la RSE, de l’économie circulaire, de l’efficacité énergétique font aujourd’hui figure de stratèges avisés. La crise semble leur avoir donné raison.

Source : lemonde.frrédigé par Julie Le Bolzer, le 06/04/2021 à 07:15

DDR/DEU 2020 : que deviennent devoir de vigilance et développement local ?

De plus en plus d’articles sur l’entreprise à mission, de références à la RSE, de témoignages sur les actions sociétales emplissent les pages de la presse (et média) tant généraliste que professionnelle.  Il existe autant de concept RSE que d’éditeur de communication.  La RSE est dans l’air du temps, comme la Qualité ISO 9001 l’a été en son époque.  M Jourdain se pâmait d’éloquence ! La Qualité y a perdu son âme !

Toutefois, au regard de la crise du capitalisme et de l’inflexion des attentes, les réflexions apportées au Grand Débat National de mars 2019 ont montré la maturité de la société civile. La dimension responsable et de bon sens du citoyen y a été un marqueur sociétal (lire notre analyse, Grand Débat national : la naissance du citoyen sociétal ). La RSE répond à la fois à un cadre légal ainsi qu’à une forte demande des consommateurs. Et pourtant, étonnamment, la RSE demeure toutefois floue dans les esprits quant à sa définition, ses moyens et sa légitimité. Et que peut-on dire sur ‘l’entreprise responsable’ ?

Que signifie « RSE » ? Comment dit-on ? Responsabilité Sociale de l’Entreprise (CSR) ? L’acronyme RSE peut avoir différents sens. Nous emploierons plutôt Responsabilité Sociétale de l’Entreprise, car à vocation plus large au sens politique et en terme d’enjeux et de gouvernance, et, surtout, alignée sur les travaux des rédacteurs de la norme ISO26000. Certains évoquent la RSO, Responsabilité Sociétale des Organisations (entreprises, institutions, organismes, associations…). Le label LUCIE suggère  Redonner du Sens à l’Entreprise (On pourrait mentionner Redonner du Sens à l’Organisation, Redonner du Sens aux Organisations), ce qui donne de la profondeur au concept, loin s’en faut. La norme de comportement ISO 26000 (et les normes adjointes), les Objectifs de Développement Durable (ODD) sont de précieuses sources de connaissances et d’informations.  

Mettre en oeuvre une démarche de RSE, c’est, en amont, mettre en place toute une organisation dédiée à l’exécution d’une politique globale, s’inscrivant sur un horizon de 3 à 5 ans, composée de sous-politiques sociale, sociétale et environnementale rigoureusement pilotées et évaluées par une gouvernance ad hoc, loin des clichés réducteurs limitant la RSE à des initiatives isolées et spontanées.

La communication (site institutionnel, Document de référence, Document d’enregistrement universel …) sur ses engagements RSE est un processus complexe pour l’entreprise. Il convient d’une part de rassurer les investisseurs, d’autre part de répondre aux attentes de la société civile et des parties prenantes, tout en intégrant les textes réglementaires à portée universelle, tels que le Pacte mondial, les ODD, les conventions fondamentales de l’OIT etc….

Quel est l’engagement sociétal (RSE) d’une entreprise ? Comment se faire une conviction sur le « parler vrai » ? Outre son propre prisme de lecture, le lecteur peut dorénavant s’appuyer sur de multiples références internationales, comme de baromètres. Or la prise en compte de critères (sociétaux, gouvernance, égalité, vigilance, parties prenantes, vie civile, interactions avec ses parties prenantes, ESG, éthique…) diffère selon les agences ou organismes de cotation. La comparaison s’avère donc difficile, la capacité d’influence à bon ou mauvais escient devient importante. Une aide toutefois… il est à noter que les nouvelles obligations réglementaires instruites par l’AMF (Autorité des Marchés Financiers) conduisent les entreprises à présenter leurs données extra financières de manière plus distincte. La lecture s’en trouve ainsi plus transparente. Il reste néanmoins des entreprises qui conservent l’ancien « format » de présentation.

Récemment, le magazine Le Point a publié son tout premier palmarès RSE, réalisé en collaboration avec l’institut allemand Statista, sur la base de critères pondérés sociétaux, sociaux et environnementaux. Le constat : les grandes entreprises deviennent sérieuses. L’écologie, avant tout, inspire de nombreuses actions.

Comment situer la communication (sociale, sociétale, environnementale…) des Documents de référence par rapport à l’ISO 26000 ?

Depuis 6 ans, via sa gamme de services ConvergenceRSO, LOG’ins Consultants applique sa méthode d’analyse sur la communication institutionnelle des entreprises, leur document de référence ou leur document d’enregistrement universel (URD pour Universal Registration Document) . Nous prenons comme référence la norme ISO 26000. Le benchmarking des contenus permet de coter les communications, de sérier les approches, de détailler le positionnement…

Pour notre gamme SIM26k, le ranking des 20 leaders du panel des sociétés cotées sur le marché EURONEXT sont :

NOM DE SOCIÉTÉ201720182019
KERING1451
SCHNEIDER ELECTRIC SE332
ELECTRICITE DE FRANCE112
VEOLIA ENVIRONNEMENT463
WORLDLINE624
WENDEL15136
TOTAL S.A.787
BOLLORE25228
ARKEMA11149
HERMES INTERNATIONAL28209
ALSTOM9719
SUEZ5510
SANOFI12811
ERAMET292512
BNP PARIBAS141612
L’OREAL131813
VINCI31 6613
VALEO451914
COMPAGNIE GENERALE DES ETABLISSEMENTS MICHELIN19914
ENGIE232515
ATOS SE272016
LEGRAND81217
COMPAGNIE DE SAINT-GOBAIN2217
BPCE161517
SOCIETE GENERALE121818
CARREFOUR171718
CASINO GUICHARD-PERRACHON211919
TARKETT S.A.252419
SAFRAN373119
ACCOR101020
ORANGE282920
BOUYGUES111120

Nos constats

Nous avons identifié et sélectionné 120 entreprises cotées sur le marché EURONEXT, représentatives de différents secteurs d’activités (code NAF) et présentant un document d’enregistrement universel sur 3  années consécutives (exercices 2017 à 2019).

Des thèmes récurrents et dorénavant ancrés dans l’ADN des entreprises deviennent légion ou en très forte progression. On citera 

  • les domaines liés au contexte écologique et environnemental comme la consommation d’énergie,  le développement durable et les questions environnementales, l’utilisation durable des ressources, les impacts sur l’environnement ou les risques sur l’environnement …
  • le domaine social : le dialogue social, les parties prenantes internes et externes…
  • les domaines sociétaux : le respect des droits de l’homme, le travail des enfants, la responsabilité sociétale, la sécurité des consommateurs, les activités philanthropiques, les travailleurs migrants …
  • le contexte réglementaire comme la prise en compte des normes internationales…
  • la prise en compte (identification, processus, prévention, gestion…) des risques marché, SI, fournisseurs, réputation, accidents industriels, environnement réglementaire, RSE, RH, technologiques….

A l’opposé, des thèmes sont moins mis en avant, comme par exemple : le devoir de vigilance, le développement local, le développement des compétences, la chaîne de valeur, …

Il n’en reste pas moins que certains aspects de l’ISO 26000 sont en retrait et manquent cruellement d’engagement écrit. On citera : la réponse aux besoins des consommateurs ou aux besoins essentiels, les références aux normes internationales du travail, les réponses aux différentes formes de discrimination….

D’autres thèmes sont de plus en plus « délaissés », comme par exemple… la sécurité des consommateurs, les impacts sur la société, l’utilisation durable des ressources…

Les documents citent le dialogue avec les parties prenantes, mais leur  identification ou leurs intérêts ne semble pas être un marqueur. Peu de rapports en font état, voire s’en « éloignent » .

Il apparait que seulement 25% des documents évoquent le « management environnemental ». 

Au plan général, le score SIM26k cumulé de notre panel présente une légère évolution (1,4%) sur 3 années glissantes.  Des marges de progression restent probantes.


Sources :

Photos : Pixabay, G.i.v.e., X, @PhotosHistos

Lien court : https://wp.me/p2OxiV-14V

Les ravages du double langage…

Chaque jour le journal Le Monde publie des billets d’opinion dans ses pages du « Monde des Lecteurs« . Ces derniers jours, un article a attiré mon attention, d’autant qu’il concernait les contradictions endogènes et les paradoxes « psychologiquement destructeurs » de l’être humain que nous sommes. Une telle pertinence dans les propos… et les constats qu’il mérite d’être partagé.

« Parmi ceux qui ont fait de l’éducation leur métier, beaucoup pointent une foule de paradoxes psychologiquement destructeurs. Sans doute faut-il y voir une triste et délétère habitude du monde adulte : répandre dans les écoles et les familles des principes que soi-même on rechigne à appliquer dans la vie courante », regrette Baudouin De Rycke.

Face à la multiplication des dérives sociales, on ne compte plus aujourd’hui les appels à un renforcement de l’éducation. Hélas, il ne suffit pas de vouloir éduquer… Rappelons-nous qu’un système éducatif a bien peu de chances de s’inscrire en profondeur et de survivre dans un système de vie qui le contredit sans cesse. À l’égard de cette situation terriblement préoccupante, le silence est assourdissant, et c’est bien étonnant…

Et de citer… tout en posant la question (les questions) sur la cohérence, la provocation, la légitimité, l’honnêteté, le rationnel, l’admissible et/ou l’escroquerie, la loyauté, la crédibilité, le raisonnable, le bonheur durable, l’épanouissement personnel, le progrès et l’esprit d’entreprise

  • Idéaliser la vitesse, l’efficacité ou encore le zapping… et dans le même temps enseigner la patience, mère des plus grandes réalisations humaines : cohérent ?
  • Jouer le jeu d’une société où la compétition a érigé en maîtres l’individualisme et la loi du plus fort… et dans le même temps plaider pour les valeurs de solidarité et d’amour : crédible ?
  • Inviter constamment les jeunes aux plaisirs faciles… et dans le même temps leur reprocher leur manque d’attirance pour les joies intellectuelles (merveilleuses mais fatalement exigeantes) : rationnel ?
  • Les dernières prouesses technologiques et la course au profit jouent forcément un rôle dans le dérèglement de nos vies… Pourtant, qui serait assez sot pour s’opposer au progrès et à l’esprit d’entreprise ?

L’enrichissement matériel suppose au préalable un enrichissement intérieur. La politique de ces dernières décennies a inversé les choses : elle met d’abord en œuvre les moyens de l’enrichissement, et puis aux nouveaux riches, enfermés dans l’euphorie de leur nouveau statut et de leur nouvelle puissance, elle lance un appel pathétique à la responsabilité et au respect du prochain : trop tard hélas, dans la plupart des cas…

A lire et à débattre…

Source

Mercialys, lauréate 2020 du Grand Prix de la Transparence

Mercialys (Paris:MERY) a de nouveau été récompensée lors de la 11ème édition des Grands Prix de la Transparence qui s’est tenue mardi 6 octobre 2020. La Société se classe à la 1ère place du SBF 120, attestant de l’exemplarité de ses pratiques en termes de communication financière et extra-financière.

La Société est récompensée pour la 4ème année consécutive par ces Grands Prix, après avoir obtenu le prix du Meilleur Document de Référence en 2019, le Grand Prix de la Transparence Toutes Catégories en 2018 et le prix de la Meilleure Progression en 2017.

Notre analyse

En appliquant sa méthode d’analyse RSE/RSO sur le Document d’enregistrement universel 2019 [DEU 2019], LOG’ins Consultants constate une évolution du score RSE SIM26k par rapport DEU 2018.

Le score de Mercialys se situe dans le premier quartile des cotations RSE des sociétés identifiées NAF 68 (Activités immobilières / Location et exploitation de biens immobiliers propres ou loués).

Cf notre gamme de services ConvergenceRSO.

ZoneBourse

Disants responsables : Savoir communiquer autour de la solidarité

Disants responsables ? « Les marques qui savent communiquer autour de la solidarité posent déjà des jalons pour le futur »

Pour Christophe Manceau, directeur du planning stratégique de la division média de Kantar, communiquer dès maintenant en trouvant le ton juste est nécessaire pour les marques afin d’entrer en écho avec les besoins des consommateurs et ses futures attentes, et les agences ont un rôle important à jouer auprès des annonceurs.

[La crise sanitaire] va mettre l’homme en face de ses responsabilités : sur l’écologie, l’inclusion, la diversité. Les communications des marques devront nécessairement avoir ses marqueurs présents dans leurs campagnes pour y apporter leurs réponses ou leur point de vue.

Quelles tendances vont être amplifiées par la Covid-19 ? Même s’il ne s’agit pas d’en faire un inventaire exhaustif, nous pouvons mettre en exergue trois tendances majeures : l’importance du collectif, le rôle sociétal de l’entreprise, un mouvement constant.

Mindnews 

Lire également Savoir communiquer autour de la solidarité… marqueur d’un « disant responsable » ?

Permalien : https://wp.me/p2OxiV-12v

 

La Publicité sous surveillance ?

Fini les produits vantés comme « respectueux » ou « protégeant » la planète ? L’ARPP, l’autorité de régulation de la publicité, vient d’actualiser ses dernières recommandations développement durable qui font autorité auprès des annonceurs. Mais si l’ARPP s’est bien saisie de la question de la surconsommation, elle a raté l’occasion de se positionner  sur le rôle de la publicité face au changement climatique.

L’incitation à la surconsommation plus encadrée

« Ces principes, qui font désormais référence aux Objectifs de développement durables de l’ONU, sont élaborés en concertation avec toutes les parties prenantes, ONG et associations de consommateurs comprises, et s’adressent à tous les acteurs de la publicité : les annonceurs, les agences et les supports médias. C’est donc un engagement fort de la profession« , assure Stéphane Martin, le directeur général de l’ARPP.

Source : Novethic

On est au bout d’un certain modèle, selon Emmanuel Faber, PDG de Danone

Auditionné pour la première fois au Sénat par la commission des affaires économiques, Emmanuel Faber, PDG de Danone, dixième groupe alimentaire le plus puissant au monde a livré sa vision sur les conséquences de la pandémie du Coronavirus.

Danone qui emploie 100 000 personnes à travers le globe dont 9 000 en France continue de faire travailler ses employés pour assurer la continuité des approvisionnements. Selon son PDG, Emmanuel Faber la crise du Covid-19 nous montre « la nécessité d’aller vers une économie plus résiliente, vers une relance verte ». Considérant que cette crise est pire que celle de 2008, Emmanuel Faber pense que le « Green Deal » (plan d’investissement massif dans les énergies renouvelables) qui vise à amener les 27 pays du bloc à une empreinte carbone neutre d’ici 2050 peut être une solution.

 

« Le Medef s’est pris les pieds dans le tapis » 

Interrogé sur le plan de relance économique, Emmanuel Faber estime que nous ne devons pas traiter de la même façon « les 330 grandes entreprises françaises qui ont beaucoup plus de ressources et les petites entreprises, les entrepreneurs qui mettront la clé sous la porte s’ils ne bénéficient pas d’aides. » Et d’ajouter que le « Medef s’est pris les pieds dans le tapis » en réclamant à la Commission de « la flexibilité » dans la mise en œuvre du Green Deal.

Source

Réforme des retraites : la notion de ‘niveau de vie digne’ dans le texte

L’Assemblée nationale a adopté dimanche un amendement gouvernemental inscrivant dans le texte la notion de « niveau de vie digne », après des propositions similaires émanant de plusieurs bords politiques.

Le communiste Stéphane Peu avait plaidé pour l’inscription du terme « digne » dans ces objectifs, arguant que la dignité figurait dans la Déclaration universelle des droits de l’homme. L’amendement visait à remplacer ainsi le terme de « satisfaisant » avancé par le gouvernement, qu’il a qualifié de « concept gazeux ».

Il a été soutenu notamment par l’Insoumis Eric Coquerel. Un amendement similaire avait été déposé par la marcheuse Martine Wonner.

source : ouest-france.fr

Moralscore, un service qui permet aux consommateurs de faire des choix

Quelles entreprises pratiquent l’obsolescence programmée ? Lesquelles utilisent des matériaux polluants ou agissent pour l’environnement ?

Rafi Haladjian, co-fondateur de Moralscore tente de répondre à ces questions pour permettre aux consommateurs de favoriser les entreprises qui respectent le mieux leurs valeurs morales.

Pouvez-vous nous présenter Moralscore en quelques mots ?

C’est un service qui permet aux consommateurs de faire des choix qui correspondent le plus à leurs valeurs morales. Chaque utilisateur peut indiquer quelles sont ses propres critères et on créé un classement secteur par secteur des entreprises qui lui correspondent le plus. Aujourd’hui, nous couvrons 17 secteurs et nous en rajoutons un à peu près tous les 10 jours. On a fait les supermarchés, les banques, les fabricants de jouets, les taxis et VTC, les smartphones, baskets, marchands de lunettes… L’idée est de couvrir au fur et à mesure tous les types de consommation.

Nous faisons un travail de compilation de toutes les informations qui sont disponibles sur une entreprise.

 

Lire l’intégralité de l’article sur Infodurable

Permalien : https://wp.me/p2OxiV-YS

Réforme des retraites : un processus qui associe politique sociale, projet sociétal et réseaux d’influence

Le chapitre 6.3.9 Droits de l’Homme — Domaine d’action 7: Droits économiques, sociaux et culturels de la norme internationale ISO 26000 mentionne que « Chaque personne, en sa qualité de membre de la société, a des droits économiques, sociaux et culturels, nécessaires à sa dignité et à son épanouissement personnel. Ceux-ci comprennent le droit: à l’éducation, au travail dans des conditions justes et favorables, (…), aux soins médicaux et à la protection sociale nécessaire, telle que la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité (…)  ainsi qu’à de véritables opportunités de prendre part, sans discrimination, aux prises de décisions qui soutiennent les pratiques positives et découragent les pratiques négatives en rapport avec ces droits. »

Cette mention fait référence au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, adopté par l’Assemblée générale des Nations Unies dans sa résolution 2200 A (XXI) du 16 décembre 1966 et entré en vigueur  le 3 janvier 1976.

Pour respecter ces droits, il incombe à l’organisation d’exercer son devoir de vigilance afin de garantir qu’elle ne s’engage pas dans des activités entravant, faisant obstacle ou empêchant la jouissance de ces droits. (…) D’une manière générale, la protection sociale relève principalement de la responsabilité de l’État. (…) Il convient que l’organisation: étudie la possibilité de contribuer à la constitution de pensions et retraites pour leurs employés.

Quelle confiance accordée à ce projet ?

La réforme des retraites, réforme impulsée par Emmanuel Macron, président de la république, et entreprise par le Gouvernement suscite une forte réaction syndicale sous la forme de mobilisations et de grèves (transports, enseignement…).  Pendant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron défendait un nouveau régime de retraite « universel » qui offre les mêmes droits à tous en proposant de fusionner les régimes spéciaux (42 caisses de retraite). Cette réforme systémique alignerait toutes les retraites sur le régime général.

Le débat s’est largement focalisé sur celui des pensionnés des régimes spéciaux, notamment ceux de la SNCF et de la RATP.  Personne ne peut dire « on ne savait pas », mais tout le monde peut se poser la question de la confiance dans l’État, dans l’honnêteté de la démarche et des enjeux, dans la probité et la qualité morale du projet de réforme du système social (quels intérêts cachés ?). Ces deux dernières années ont fait l’objet de rencontres et de négociations, de parti pris, de commentaires radicaux et partisans, d’opposition vent debout, de refus « corporatistes » (syndicats, Medef, Cpme), de remise en cause systématique des modèles et de la propriété sociale… Ce n’est que le mercredi 11 décembre que le Premier Ministre, Edouard Philippe, a dévoilé les contours du futur de projet de loi de réforme des retraites. Et ce ne sont que des contours !

Une défiance à l’égard du gouvernement

Début décembre, selon un sondage Ifop pour le Journal du Dimanche, 76 % des Français se disent favorables à une réforme du système de retraites, sans pour autant faire confiance au gouvernement pour la mener, tandis que selon un sondage Elabe pour « Les Echos », les Français sont conscients de la nécessité d’une réforme des retraites (à 55 %) et pensent que l’unification des régimes permettra plus d’égalité, sans que tout un chacun ne sache réellement ce qui allait être proposé.

Pendant la même période, d’autres sondages expriment que 58% des Français approuvent la mobilisation contre la réforme des retraites et 70% craignent cependant que le montant de leurs pensions en soit affecté.

Les régimes spéciaux en dissonance avec l’équité sociale ?

Phare d’un régulier agacement, les bénéficiaires des régimes spéciaux sont pointés du doigt. Toutefois sont-ils vraiment des « privilégiés » ? Ou sont-ils injustement accusés ? L’article de Adrien Sénécat, publié sur les pages de Le Monde le 03 décembre 2019 explore le sujet et rectifie les fake news produites.

Au titre d’exemples :

  • sur 17,2 millions de retraités, 1,1 million d’entre eux seulement recevaient une pension des « régimes spéciaux » au sens de la Drees, soit 6 % environ. Le régime général représente 82 % des pensions.
  • Bien sûr, le niveau des pensions et les conditions de départ jouent sur les finances des caisses de retraite. Cependant, il faut également tenir compte de la démographie des régimes en question. La moitié du déficit des régimes spéciaux en 2017 s’expliquait par la démographie

 

Un calendrier étonnant !

Le haut-commissaire à la réforme des retraites Jean-Paul Delevoye a présenté son rapport le 18 juillet dernier, puis s’est entretenu avec les partenaires sociaux. Cette phase d’écoute a pour but de connaitre les ressentis de chacun sur les pistes de travail transmises au gouvernement.

La réaction des organisations syndicales  et les points de blocage étaient prévisibles. En septembre, les syndicats en désaccord avec les propositions du haut-commissaire à la réforme des retraites prévoient une journée de mobilisation. Un rassemblement fut au programme le 21 septembre 2019 pour Force ouvrière et le 24 septembre 2019 pour la CGT.

Pour quelles raisons ce calendrier était-il aussi serré ? Avec le risque de buter inexorablement sur le mois de décembre, renouvelant ainsi la crise de 1995 ? Démarche consciente et volontaire pour discréditer le dialogue social ? Il n’y a qu’un pas…

 

Au commencement, les compagnies de chemin de fer veulent fidéliser les cheminots

A l’origine, le régime spécial des cheminots a été une volonté patronale. Le régime spécial de retraite des cheminots n’est pas seulement le fruit de la lutte syndicale. Ces avantages ont été pensés par les patrons de chemins de fer du XIXe siècle pour fidéliser une main d’œuvre qualifiée et l’empêcher de partir à la concurrence. Lire l’excellente analyse avec l’historien Georges Ribeill.

Des sujets clés, peu ou prou pris en compte dans les médias « standards »

  • L’opérationnalité de la réforme est assujettie à des perspectives économiques favorables (taux d’intérêt faible, baisse du chômage) et donc une valeur du point de retraite progressif.
  • Un débat ouvert et décent sur les bas salaires, sur les carrières hachées et segmentées, sur les risques d’ubérisation de l’économie, sur l’augmentation des aidants familiaux, sur une démographie visant un déficit d’actifs par rapport aux retraités et sur l’aggravation des inégalités sociales.
  • Enfin, il est un point crucial et peu ou prou relayé par les médias classiques, c’est celui de l’ombre d’une retraite par capitalisation à terme, avec pour corollaire l’individualisation des pensions et la fin du système par répartition. Depuis plusieurs années, BlackRock se montre intéressé pour mettre la main sur une partie de l’épargne des actifs français les mieux payés, afin de l’orienter vers l’épargne retraite.

BlackRock, « plateforme de gestion des risques »

BlackRock, « plateforme de gestion des risques »,  voit dans la loi Pacte (relative à la croissance et à la transformation des entreprises), votée en avril 2019, une formidable occasion d’introduire un système de retraite par capitalisation au côté du système par répartition existant. Dans la note exhumée par Mediapart, le fonds de pension chante les louanges de cette loi qui propose notamment des allègements fiscaux pour les cotisations versées sur ce type de produits. Et délivre toute une série de recommandations au gouvernement pour les promouvoir. Par exemple, « mettre en place des incitations comportementales pour accroître le niveau des contributions volontaires », ou encore « imposer à terme la mise en place de dispositifs d’épargne retraite à adhésion automatique ». (ie ETFs – exchange-traded fund)

En savoir+ sur https://www.youtube.com/watch?v=fWu-NOMw_m8 … un sujet glaçant, mettant à mal l’équité et la justice sociale !

Est-ce que ce projet de société est en convergence avec les valeurs fondamentales de notre modèle social, basée sur la solidarité ?

 

Ouvrage/Biblio :

  • Lire > Thomas Piketty « capital et idéologie » « capital au 21ème siècle »
  • Suède (enquête 20mn) : « 92 % des Suédoises et 72 % des Suédois ont eu une retraite plus faible avec le système à points »
  • Le calendrier de la réforme des retraites (www.retraite.com)
  • Le système universel de retraite : l’architecture de la réforme annoncée par le Premier ministre Edouard Philippe (reforme-retraite.gouv.fr)

 

Permalien : https://wp.me/p2OxiV-Yb

Posté le 19 décembre 2019 à 14h 23 – Modifié le 19 décembre 2019 à 19h 40

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