« Comment échapper à la frénésie de notre société ? »

Pierre Rabhi est l’auteur de plusieurs essais, dont le dernier, La Convergence des consciences (Le Passeur), a été publié fin 2016.

Son rapport à la nature et au vivant est indissociable de son rapport au temps.

Interview de Anne-Sophie Novel

A 78 ans, vous vous dites fatigué et confiez ne pas arriver à lever le pied. Comment vivez-vous ce temps que vous passez à écrire, parler, sensibiliser ?

Disons que je ne tiendrais pas le coup si je n’étais pas engagé dans des enjeux gravissimes (la faim dans le monde, la destruction de l’environnement, etc.). L’humanité est folle et la planète est entre des mains inconscientes… Comme l’a prouvé le scientifique Pierre Teilhard de Chardin dans Le Phénomène humain, notre présence sur terre est fort récente et seule l’humanité a su introduire de la dualité dans la réalité terrestre… Tout cela pour des raisons imbéciles, spécieuses, et de surcroît avec des déséquilibres profonds, notamment entre masculin et féminin !

(…)

Vous affirmez dans votre livre être convaincu qu’il n’y a pas de changement de société sans profond changement humain, et qu’il nous faut ensemble prendre conscience de notre inconscience. Mais a-t-on le temps d’attendre cette prise de conscience ?

Il y a un moment où chacun de nous est ramené à l’espace de liberté où l’on peut exercer sa spontanéité, sa liberté… C’est pour cette raison que nous avons créé le mouvement Colibris (association fondée en 2007 qui mobilise « pour la construction d’une société écologique et humaine »). Et c’est pour cette raison que j’ai organisé ma vie avec une cohérence de pensée et de conviction, car c’est par l’exemple et la cohérence qu’on arrive à convaincre. Le problème est surtout de savoir si nous sommes capables de changer les choses, de créer un autre espace-temps et de sortir du système esclavagiste qui nous est imposé.

Source : « Comment échapper à la frénésie de notre société ? »

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Ethique : tentons le vrai ! (« l’économie du lien »)

Avant de vouloir changer le monde, il est sans doute juste de se changer soi-même… c’est la mission d’Engage University, le projet de Jérôme Cohen, qui propose à chacun de se donner des clés du changement… Une tribune de Jérôme Cohen.

Il ne s’agit pas de juger ni de dénoncer, mais de comprendre comment casser ce schéma qui creuse la séparation entre l’Homme et sa fonction, entre le père et le salarié. Dans les entreprises évidemment, en politique certainement, dans notre vie personnelle.

Platon écrit que pour rendre les organisations éthiques, il ne faut pas inculquer des normes sociales, mais aider les personnes à découvrir par elles-mêmes la réalité du bien, du beau et du vrai.

Il ne s’agit pas d’établir des normes donc, mais de s’appuyer sur les personnes. Et c’est ici que l’éthique peut nous aider, même si le mot peut déstabiliser lorsqu’il se teinte de moralisme ou nous décourager lorsqu’il revient ab nauseam dans des discours sans effet.

L’éthique seule capable de reconstruire en profondeur ce qui a été détruit : le lien*, la cohérence.

Source : Ethique : tentons le vrai !

Vidéo : Emmanuel Faber (DG Danone)- Cérémonie Remise Diplômes HEC – Juin 2016