Thierry Marx : « On est tous acteurs de la consommation mondiale »

Le chef deux-étoiles, Thierry Marx, propose des solutions actuelles pour améliorer la gastronomie de demain. Interview.

Dans le cadre d’une conférence sur la gastronomie en 2050, organisée ce lundi 12 novembre au salon EquipHotel, le chef s’est associé à des étudiants des écoles Ferrandi, Essec et Ensci-Les Ateliers pour réfléchir sur l’évolution de la restauration et de l’alimentation d’ici 32 ans. « Si on continue comme aujourd’hui, en 2050 seuls les très riches pourront bien manger, les autres n’auront que le pire de l’alimentation, avec de la lyophilisation à outrance et autres... » De quoi soulever les problématiques écologiques, et d’envisager des solutions.

Dans cet interview, Thierry Marx aborde toutes les questions de fond sur les impacts des « timides » décisions politiques, sociales, sociétales quant au réchauffement climatique et les risques induits sur l’alimentation mondiale.  Il existe déjà des retombées sur nos modes de consommation et notre santé. 

A quoi ressemblera la gastronomie en 2050 ? « Poser cette question, c’est avant tout poser une question sur l’avenir de l’environnement. Si l’environnement n’est pas stable, alors la gastronomie est déstabilisée. Pour préserver les ressources, il faut préserver l’environnement. »

La question de l’eau ? « Si nous restons sur les mêmes rythmes de consommation tout en passant à 9,7 milliards d’humains, alors la planète va cruellement manquer d’eau. Et la première problématique est l’élevage intensif. »

L’agriculture intensive ?   « il faut vraiment réduire les intrants chimiques qui appauvrissent nettement les sols. Par exemple, la terre de la Beauce est passée de 2 tonnes de lombrics par hectare en 1955, à moins de 200 kg aujourd’hui ! Avec des sols vivants, la production est vivante ; alors qu’avec trop de la chimie lourde, les risques à long terme pour la santé augmentent. »

Le prix des produits consommés ?  « Il est idiot de prendre le prix pour seule valeur de négociation. Le développement durable ne peut pas reposer sur une logique de prix. Il faut arrêter de voir la théorie du low cost comme une logique sociale : cela n’a jamais profité aux pauvres, mais uniquement à quelques riches. On est tous acteurs de la consommation mondiale, et cette échelle de valeurs nous aiderait à mieux comprendre ce que nous consommons. (…) Le prix n’est pas l’important en gastronomie, c’est plutôt l’impact social et environnemental.  »

Quelles solutions ? « Je reste optimiste » (…) « Se pose une question essentielle : comment faire pour que chaque citoyen du monde ait la capacité de mesurer l’impact social et environnemental des produits qu’il consomme. En somme, savoir dans quelles conditions ils ont été produits, aussi bien si les producteurs sont bien traités, et si des produits chimiques ont été utilisés. »

Le réchauffement climatique va-t-il aussi avoir un impact ? Totalement. Cela va pousser à réinventer les circuits pour une économie courte (…) Le réchauffement est non négociable et va faire évoluer la production. C’est déjà, le cas…

Thierry Marx interviendra sur le thème « Quelle expérience gastronomique à horizon 2050 », ce lundi 12 novembre à partir de 9h45 au salon EquipHotel, à Paris expo Porte de Versailles.

 


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Info ou intox pour les pratiques vertueuses dans le vignoble bordelais ?

source : pixabay

Faute d’indicateurs fiables sur l’usage réel des pesticides, et malgré les scandales sanitaires à répétition, l’évolution de la viticulture girondine vers des pratiques vertueuses reste à démontrer. Alors que les épandages reprennent avec le printemps, que se cache-t-il derrière les déclarations rassurantes des défenseurs de la filière ? … une enquête de Rue89.

Sur ce sujet hautement sensible de santé publique, faute d’indicateurs pertinents et fiables, la situation reste confuse. Certes, des avancées indéniables sont réalisés : par exemple, l’appellation Castillon Côtes de Bordeaux peut s’enorgueillir à ce jour de compter 25% de ses 2300 hectares cultivés en bio ; non loin, dans le Libournais, aux Caves de Rauzan (3500 ha), le bio compte pour 200ha contre 20 en 2009.

Mais qu’en est-il de la situation générale ? Confrontée à de multiples scandales sanitaires, la viticulture bordelaise change-t-elle ses pratiques, comme le réclament régulièrement les collectifs inquiets de l’usage massif de pesticides ?

Le 27 février dernier, l’émission « Cash Impact » a quelque peu bouleversé la filière viticole en stigmatisant l’utilisation de produits phytosanitaires dans les vignes girondines. Le président du Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB), Alain Sichel, a réagi via un communiqué :  le vignoble bordelais a amorcé une « sortie des pesticides », chiffres à l’appui.

« Cash Impact aurait pu dire que des molécules de produits interdits depuis plus de 10 ans peuvent encore laisser des traces dans l’environnement, c’est pour cela qu’ils ont été interdits. Cash Impact aurait pu révéler que le Diuron, bien qu’interdit depuis 10 ans en agriculture, est toujours autorisé pour d’autres usages, notamment le bâtiment (peintures et anti mousses de façades). Cash Impact ne devrait pas laisser croire, sans preuves, que des viticulteurs fraudent  en achetant à l’étranger des produits interdits en France… »

« Comme Allan Sichel s’y était engagé lors de son interview avec Elise Lucet, le CIVB a investigué :  Il est en mesure de révéler aujourd’hui que toutes les parcelles de vigne situées à proximité des écoles mentionnées dans Cash Impact, c’est-à-dire Listrac, Arcins et Pauillac sont aujourd’hui traitées avec des produits homologués en bio ce qui atteste donc de contaminations anciennes pas nécessairement agricoles. »

Le collectif Info Médoc Pesticides (CIMP) et l’association Eva pour la Vie avaient commanditées des études. Faisant suite aux commentaires du Conseil Interprofessionnel, Marie-Lys Bibeyran (CIMP), publie une lettre ouverte aux responsables du CIVB les invitant à « assumer leurs responsabilités » .

 

source : pixabay

 

Le label AB, seul indicateur sérieux

Pour l’heure, l’indicateur le plus sérieux permettant de chiffrer les progrès de la viticulture bordelaise en matière de réduction des pesticides est celui du pourcentage de vignes se convertissant au bio. L’obtention du label AB est en effet soumise à des contrôles stricts qui reposent sur les analyses de la terre des parcelles et du contenu des bouteilles : les pesticides, à l’exception du cuivre et su soufre, y sont prohibés.

Volontariat

L’incitation des exploitants à s’engager dans cette voie, sur la base de ce plan, permet ainsi au CIVB d’affirmer, que « plus de 55% du vignoble de Bordeaux était engagé en 2016 dans une démarche environnementale ».

Ladite démarche, en y regardant de plus près, repose en fait sur l’application du principe de l’agriculture raisonnée (…) Le 18 janvier dernier, les collectifs Alerte aux toxiques de Valérie Murat et Info Médox pesticides de Marie-Lys Bibeyran ont révélé que le vin (cuvée 2014) de Bernard Farges, le vice-président du CIVB, contenait, entre autres, quatre molécules dangereuses pour la santé. Le vin analysé bénéficiait pourtant du label Terra vitis, le “logo” de l’agriculture raisonnée.


Pour information

Le Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB), créé en 1948, représente les trois familles de la filière des vins de Bordeaux : la viticulture, le négoce et le courtage. À ce titre, le CIVB est chargé de 3 missions :

  • Marketing : développer la notoriété et renforcer l’image des vins de Bordeaux en France et à l’international par le biais de campagnes de publicité, de communication digitale, de relations publiques et presse et de formation ;
  • Économique : assurer la connaissance de la production, du marché et de la commercialisation des vins de Bordeaux dans le monde ;
  • Technique : faire avancer les connaissances, préserver la qualité des vins de Bordeaux et anticiper les nouvelles exigences en matière d’environnement et de sécurité alimentaire. (source : atout-france.fr)

Autres sources :

  • Toute la vérité sur le danger des pesticides dans le vin (lesechos.fr)
  • Dossier « filière viticole et pesticides » (La Revue du Vin de France)
  • Parkinson : les pesticides menaceraient aussi les riverains (larvf.com)
  • Dans le Beaujolais, une étude fait le lien entre cancer et pesticides (Un reportage – déc.2016 – de Daniel Pakonk, Pierre Lauchaux, Olivier Bodson) (france3.fr)
  • Vins de Bordeaux : Une filière responsable et engagée collectivement (CIVB)


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Revue de presse RSE/RSO (2016-08)… agriculture

ConvergenceRSO vous propose un extrait de sa curation (cf. Pertinences sociétales –  Risques, Santé, EnvironnementL’Effet Lepidoptera), pour illustrer une actualité que nous considérons comme marquante.

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Agriculture

Les réseaux sociaux et les médias sociaux font l’écho de nombreuses initiatives en matière d’agriculture biologique, auxquelles sont ajoutés des programmes de sensibilisation, de prévention…  En terme d’externalités négatives, les actualités citent régulièrement la pollution, les produits phytosanitaires, les pesticides, les sanctions….

Que cible « agriculture » : l’agriculture biologique, l’agriculture urbaine, la permaculture, l’agriculture industrielle, l’agroécologie…

L’agroécologie est un choix de durabilité pour l’agriculture. C’est un mouvement de fond.” [Stéphane Le Foll / l’interview du Figaro du 17 février 2015]

Rien n’est meilleur que l’agriculture, rien n’est plus beau, rien n’est plus digne d’un homme libre. Elle suffit amplement aux besoins de notre vie.”  [De Damase Potvin (1882-1954) / Restons chez nous]

On citera :

  • L’agriculture urbaine s’organise à Lyon avec Refarmers, qui utilise la technologie ZipGrow, et dont il détient d’ailleurs l’unique licence européenne. Venu des Etats-Unis, ce procédé hydroponique permet aux plantes de pousser avec un arrosage automatique goutte à goutte qui permet d’économiser 90% d’eau.
  • Embarras autour d’un rapport explosif sur la nocivité des pesticides, que l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a publié, lundi 25 juillet au soir, sur son site.
  • Le monde agricole est-il en voie d’extinction ? Pas selon Maximilien Rouer, coauteur du livre « Les agriculteurs à la reconquête du monde » et ingénieur agronome, fondateur de la start-up BeCitizen. Dans un entretien à « We Demain », il explique pourquoi, selon lui, l’agriculture de demain sera plus productive, plus écologique et plus rentable. « Grâce au numérique, l’agriculture va dire adieu aux intermédiaires traditionnels » …
  • L’agroforesterie progresse dans le monde. Une étude menée par huit organisations internationales réévalue l’importance de ce système agronomique mêlant cultures et arbres. 43% des surfaces agricoles mondiales comptent au moins 10% d’arbres. Grâce à des politiques incitatives, le Brésil, l’Indonésie, la Chine et l’Inde connaissent la plus forte augmentation d’arbres en terres agricoles, tandis que l’Argentine, le Myanmar et la Sierra Léone enregistrent la plus forte baisse.  Pour arriver à ce résultat publié dans Scientific reports, les chercheurs ont utilisé les données obtenues par les images du satellite MODIS et comparé l’utilisation des sols entre 2000 et 2010.
  • L’agro-écologie urbaine, ambition du Val-de-Marne. Avec 4 % de son territoire consacré à l’agriculture, le Val-de-Marne est le premier département agricole de la petite couronne parisienne.
  • Le Maire de Baraigne [département de l’Aude et la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées] dit non aux produits phytosanitaires…
  • « Nous devons gérer l’eau sans pénaliser l’activité agricole« , déclare Anne-Claire Vial, Présidente de la Chambre d’agriculture de la Drôme, membre du comité de bassin Rhône-Méditerranée. Un plan de gestion de la ressource sur le bassin versant de la Drôme est lancé pour faire face à la rareté de l’eau.
  • Tunisie et Travailleuses agricoles… Une main-d’œuvre saisonnière sans couverture sociale.
  • Vendanges…toujours autant de pesticides dans les vignes. Lorsque l’on fait analyser les vins par des laboratoires, on retrouve des traces de pesticides dans 100 % d’entre eux, y compris dans les vins bio, contaminés par les pesticides déversés sur les champs voisins.

 

Aquaculture

Ostréiculture, algoculture, culture maritime, biotechnologie marine …

  • La collecte des algues vertes devient un modèle… L’Ouest breton sert de modèle sur la gestion des algues vertes à des représentants de Jersey.
  • Algoculture. Spiru’breizh, producteur de spiruline marine, construit le premier chantier, au monde, de spiruline à l’eau de mer.
  • le projet Blue Train . Ce projet de formation, mené par la Station biologique de Roscoff (SBR) vise à former l’ensemble des acteurs de l’économie maritime aux évolutions du secteur des biotechnologies marines, en plein essor sur le territoire.

 

Sources citées… geekandfood.fr ; lemonde.fr ; wedemain.fr ; bretagne-bretons.fr ; entreprises.ouest-france.fr ; sciencesetavenir.fr ; campagnesetenvironnement.fr ; ladepeche.fr ; http://www.sauvonsleau.frhttp://www.anses.fr ; blog.actioncontrelafaim.org ; evene.lefigaro.fr/citations ; directinfo.webmanagercenter.com; http://www.consoglobe.com…

 

Mots clés saillants :  agriculture, pesticide, agriculteur, expert, groupe, groupement, exposition, comité, impact, pratiques, santé…

Tags ISO 26000 : impact environnemental, bonnes pratiques, chaîne d’approvisionnement, développement local, qualité de vie…

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Qualité des sols: L’effet fatal des pesticides

L’économie marocaine est tirée depuis des années par des secteurs très dépendants des ressources naturelles, comme c’est le cas de l’agriculture. Paradoxalement, ces activités «tendent à exploiter ces ressources de façon non durable», selon les conclusions du 3e rapport sur l’état de l’environnement au Maroc.

 

Sourced through Scoop.it from: www.leconomiste.com

La réalisation des projets de développement agricole s’accompagne de l’augmentation de l’utilisation des engrais et des pesticides qui peuvent causer de véritables dégâts aux sols. Surtout que certains petits agriculteurs optent pour des produits génériques, moins chers, mais plus dangereux

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AgriRÉCUP | collecte et valorisation des intrants pour les agriculteurs du Québec

Du 30 septembre au 11 octobre, les agriculteurs du Québec sont invités à apporter leurs pesticides périmés et médicaments pour animaux de ferme et chevaux afin qu’ils soient éliminés en toute sécurité et de façon responsable.

Source: www.newswire.ca

(…) AgriRÉCUP, une organisation nationale sans but lucratif, a été créée par l’industrie. Elle a pour mission d’organiser la collecte et la valorisation des intrants agricoles devenus inutiles à la ferme. Cet automne, en partenariat avec l’Institut canadien de la santé animale (ICSA) et l’Union des producteurs agricoles (UPA), AgriRÉCUP offre, sans frais, ce programme de récupération aux producteurs agricoles du Québec. Au terme de la collecte, les pesticides et médicaments seront acheminés vers une installation agréée de gestion des déchets où ils seront éliminés par incinération à haute température.

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