Réputation : aider les dirigeants à devenir une marque à part entière

Les médias sont aujourd’hui à la recherche d’un discours disruptif, d’une personnalité qui va incarner des valeurs et des messages. Les journalistes et blogueurs sont intéressés par les porte-paroles qui inspirent confiance et dialoguent dans la transparence. Ils doivent en effet trouver des idées d’articles, recueillir l’information nécessaire à la rédaction, rechercher ou créer des illustrations appropriées, mettre en forme avant de mettre en ligne, etc.

Deux chiffres soulignent l’importance de la réputation du dirigeant pour l’image de l’entreprise :

  • 75 % des cadres français affirment que la réputation d’un dirigeant a une influence allant de modérée à très forte sur la réputation de l’entreprise ;
  • 37 % des cadres français considèrent que l’image du dirigeant comptera encore plus dans la construction de la réputation de l’entreprise dans les années à venir.

Le rôle de dirigeant nécessite de pouvoir échanger sur tous les sujets, de partager sa vision unique d’un marché ou de convaincre de ses compétences les différents interlocuteurs, médias, clients, salariés… Aussi, cet exercice exige de se mettre en scène et de sortir du discours stéréotypé. Il peut parfois s’avérer plus difficile que prévu.

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DDR17 : la ligne éditoriale des messages des dirigeants. Ut dicunt ?

Le contexte législatif et réglementaire

Les entreprises cotées et non cotées doivent dorénavant publier leurs documents de reporting RSE et répondre aux obligations de transparence en matière sociale et environnementale. L’arsenal réglementaire et législatif s’est récemment doté de la transposition en droit français de la directive 2014/95/UE , via l’ordonnance du 19 juillet 2017 (publication d’informations non financières et d’informations relatives à la diversité par certaines grandes entreprises et certains groupes).

Afin de renforcer la cohérence et la comparabilité des informations non financières publiées dans l’ensemble de l’Union, certaines grandes entreprises devraient établir une déclaration non financière comprenant des informations relatives au moins aux questions d’environnement, aux questions sociales et de personnel, de respect des droits de l’homme et de lutte contre la corruption. Cette déclaration devrait contenir une description des politiques, des résultats et des risques liés à ces questions et être incluse dans le rapport de gestion de l’entreprise concernée.

Les informations extra-financières portant sur la Responsabilité sociale des entreprises sont incluses dans les documents de référence et les rapports RSE (reporting RSE, Environnement et social, Développement durable…).

Les enjeux des informations extra-financières

La publication de ces données est stratégique, tant pour contribuer à l’évaluation, au suivi et à la gestion des performances des entreprises et de leurs incidences sur la société que pour leur réputation (indice de perception) (1) et la crédibilité de leurs actions et activités (description des politiques, des résultats et des risques) (2). La nouvelle génération d’entrepreneur.e.s (3) et/ou d’intrapreneur.e.s sont sensibilisé.e.s aux problèmes sociétaux et environnementaux. Ils/elles en attendent des réponses fortes et concrètes (4), quitte à s’investir personnellement et à créer leurs propres entreprises (5) dont l’objet social mettra au cœur de leur business model une mission sociale, sociétale ou environnementale.

Social Business aux Philippines_camion, espoir

La loi PACTE (et le succès de la consultation publique) et la « réponse » de l’Afep-Medef (6) au projet du gouvernement sur l’extension de l’objet social de l’entreprise (révision du code de gouvernance) en sont des marqueurs sociétaux (7).

La crédibilité des actions entreprises, et de leurs impacts par conséquences, est directement liée aux engagements des dirigeants (8) et à la communication qui en découle.  L’importance des mots, un enjeu considérable et réputationnel !  Votre communication rend-elle valablement compte de vos comportements sociétaux ?  Est-elle en convergence avec les lignes directrices des référentiels que vous affirmez avoir adoptés ?  (9).

Le panel des documents de référence

En ligne avec sa méthodologie proposée (10),  LOG’ins Consultants s’est intéressée aux contenus des documents de référence (DDR), publiés récemment sur le site de l’AMF (Autorité des Marchés Financiers) .  Un panel de 39 DDR (publiés en 2016 et en 2017) a été constitué pour analyser les liminaires de ces documents (édito, interview, entretien, message…) rédigés avec ou par les dirigeants des sociétés cotées sur le marché Euronext : président-directeur-général, président du conseil de surveillance, président du directoire, directeur général, gérant, fondateur….  15% des entreprises ont fait appel à 2 dirigeants (P-Dg/DG ;  P-Dg/Fondateur…) soit séparément, soit en commun.

  • 56% des DDR16 (60% pour les DDR17) publient un liminaire.
  • 23% des DDR16 (30% pour les DDR17) avec liminaire mentionnent la « RSE » : responsabilité environnementale et sociale / Responsabilité Sociale d’Entreprise / responsabilité sociétale de l’entreprise / RSE

Que disent les dirigeants ?

  • Les items incontournables dans la communication :
    • performance (57%)
    • offre de services, offre de produits, offre de qualité (37%) ;
    • actions (20%) ;
    • niveau de satisfaction, de rentabilité, de marge opérationnelle, de dette ;
    • marque ;
    • assemblée générale ;
    • environnement (concurrentiel ; économique et financier difficile, agressif, en mutation, très défavorable, contrasté, peu porteur, morose, dégradé ; porteur, favorable).

 

  • Les items ou marqueurs du discours (par ordre décroissant) communs aux 2 années de publication et présents dans plus de 60% des messages : Groupe – Année – Croissance – Client – Développement – Résultat – Productivité – Marché – Activité – Création – Performance – Changement.

=> On y ajoutera les évocations à  Actionnaire – Service – Travail – Entreprise – Achat –Position – Équipe – Ensemble – Investissement – Stratégie – But

Verbatim illustratif

  • verbatim « croissance » : politique de croissance, croissance externe, croissance importante du bénéfice, croissance des résultats, vecteurs de croissance, croissance organique significative, potentiel de croissance, réserve de croissance, dynamique de croissance vertueuse, croissance solide et durable, modèle de croissance…

 

  • verbatim « client » : l’expérience client, clients institutionnels, attentes des clients, nouvelles clientèles, clients professionnels, besoins de nos clients, clientèle internationale, clientèle européenne, attention permanente aux clients, clients satisfaits, remercier tout spécialement nos clients, relation aux clients, servir efficacement nos clients, offrir à nos clients, la vie de nos clients, apporter à nos clients,…

 

  • verbatim « développement » : accélérer le développement, stratégie de développement, soutenir le développement, développement futur, développement à l’international, développement de nouvelles technologies, conditions de travail et développement professionnel, développement de solutions, développement de nos services, stratégie de développement, poursuite du développement, projets de développements, développement soutenu, développement en pays émergents…

Analyse de discours

Dans les DDR17, le discours est plus factuel, plus objectif et argumenté, mais moins affirmatif. Le rédacteur reste attaché au contexte présent. Son discours est toutefois plus nuancé, voire prudent et soumis à conditions, pour évoquer et se projeter dans le futur. Le « je » est nettement moins utilisé en 2017, le « vous » est en retrait par rapport au « nous ».

Illustration (cas de ELIOR)

ELIOR – Nuage de mots – Document de référence 2016 (année fiscale 2015)

 

 

ELIOR – nuage de mots – document de référence 2017 (année fiscale 2016)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Spécificités des discours

Items 2016 absents en 2017

  • territoire,
  • cap,
  • attention (au sens de prévention et vigilance),
  • accompagnement (des clients),
  • parcours (achat, client)

 

Nouveaux items en 2017

  • proximité (managers de proximité, proximité avec les clients)
  • performance financière (génération de trésorerie, de cash-flow) et contexte (taux d’intérêt)
  • événementiel (salons professionnels, expositions)
  • professionnalisme (visant à la satisfaction client)
  • majeur (avancées, éléments, enjeu…)

 

On notera  une évolution de langage entre 2016 et  2017 : les entités sont remplacées par filiales.

 

Items communs aux 2 années 

Le risque est peu ou prou mentionné (3,7%). On citera

  • SOCIETE GENERALE (Le coût du risque, au plus bas, témoigne de la qualité structurelle de notre portefeuille de crédits et de notre gestion des risques) et
  • MANUTAN (Nos clients ont désormais accès à une offre de plus en plus vaste, émanant de sources nombreuses et variées. Cela constitue bien sûr un risque, mais aussi une formidable opportunité. À nous de la saisir !).

 

Les nouveaux items en 2017, moins fréquents, mais représentant néanmoins des marqueurs RSE :

  • Autonomie : Nous donnons aux équipes sur le terrain une autonomie totale pour atteindre un objectif donné dans un cadre fixé par le Management. [COMPAGNIE GENERALE DES ETABLISSEMENTS MICHELIN]
  • Intérêt général : à nous de devenir leur partenaire d’intérêt général [ALTAREA]
  • Renommée : une société de renommée mondiale avec un milliard de jeux téléchargés. [VIVENDI]
  • Entrepreneuriat : L’ADN de Vicat tient dans cette histoire : innovation, éthique, entrepreneuriat, famille. [VICAT]
  • Transparence : ceci distinguant notre transparence et la qualité de notre gouvernance d’entreprise. [TELEPERFORMANCE] – En ligne avec notre volonté d’être un acteur bancaire de tout premier plan au niveau mondial pour nos réalisations RSE et notre transparence, [SOCIETE GENERALE]

 

Les items 2016 (absents en 2017), moins fréquents, mais représentant néanmoins des marqueurs RSE

  • Adaptation : s’attache non seulement à l’adaptation de ce matériau et de ses usages aux besoins modernes, [VICAT]
  • Conditions de travail : améliorant encore le niveau d’engagement des collaborateurs qui se situe déjà à un niveau élevé grâce à l’attention portée aux conditions de travail et au développement professionnel de chacun. [COMPAGNIE GENERALE DES ETABLISSEMENTS MICHELIN]
  • Détection : L’objectif est d’étendre notre présence sur toute la chaîne d’accompagnement des talents : détection, production, promotion… La marque Olympia sera le fer de lance de ce dispositif. [VIVENDI]
  • Nouvelles technologies : Ainsi, même à l’heure du numérique et du développement de nouvelles technologies révolutionnaires, l’humain reste et continuera de rester au coeur de notre activité. [TELEPERFORMANCE]
  • Prévention : puis proposant à nos clients collectivités la fourniture de solutions pour la prévention d’escarre [BASTIDE]
  • Protection : Notre ambition est d’être pour tous nos clients et nos parties prenantes une référence de solutions synonymes de valeur ajoutée, de confort et de préservation de l’environnement. [COMPAGNIE DE SAINT-GOBAIN]
  • Sauvegarde : Entre septembre 2013 et octobre 2015, ce sont une procédure de sauvegarde qui a été efficacement conduite, des cessions d’actifs non stratégiques et des restructurations qui  ont optimisé notre périmètre d’activité [GROUPE PARTOUCHE]

 

Malgré la prise de conscience des enjeux environnementaux, l’organisation de la COP21 en décembre 2015 et le paradigme sociétal qui émerge… les citations sur la préservation de l’environnement  et les actions respectueuses associées sont à la marge.

Évolution à suivre pour les DDR18.

 

Bibliographie, références, blogs

  1. 97% des Français prêts à boycotter des entreprises ayant des pratiques sociales ou environnementales destructrices – Après les politiques, les entreprises face à l’interpellation citoyenne
  2. L’entreprise à l’épreuve de ses risques extra-financiers
  3. Réinventer le MEDEF pour une France en croissance
  4. Tous en quête de sens au travail : Le sens au travail fait certes débat dans les entreprises, pour autant toutes les études menées sur le sujet indiquent son importance cruciale pour tous les salariés, cadres ou non, jeunes ou moins jeunes, y compris pour les entrepreneurs. –  Que met-on derrière la notion de ‘sens au travail’ ?
  5. Social Business aux Philippines : quand les entrepreneurs sociaux de Gawad Kalinga et Smokey Mountain changent la vie des Philippins
  6. La consultation est ouverte en ligne pendant six semaines à partir du 28 février.
  7. Loi Pacte : ne pas faire du profit le seul but des entreprises provoque un schisme au sein du patronat
  8. Que pensent de leur entreprise les cadres RSE / Développement Durable ? Réponse avec l’étude Birdeo, en partenariat avec le C3D –  Les chargés RSE pas convaincus de la sincérité de leurs employeurs
  9. Manpower France, l’une des entreprises les « mieux disantes » en RSE
  10. Valorisation par le Sens

 

DDR17… Pour ELIOR Group, l’efficacité opérationnelle est une priorité

Le panel des DDR 2018 (exercice fiscal 2017)

Peu d’entreprises cotées Euronext (5%) déposent leurs DDR au cours des 2 premiers mois de l’année.  Le plus grand nombre (75%) cible les mois de mars/avril.

ELIOR GROUP, COMPAGNIE DES ALPES, ABEO, EXEL INDUSTRIES ont déposé leurs documents au cours du mois de janvier.

Un restaurateur de référence dans le monde

Depuis sa création en 1991, ELIOR GROUP est passé du rang d’acteur de la restauration collective implanté uniquement en France à celui de groupe international proposant une large gamme de services, comprenant ses deux activités historiques que sont la restauration collective et la restauration de concession, auxquels ont été adjoints les services, d’une part, et le retail, d’autre part. Le Groupe intervient aujourd’hui dans 16 pays à travers le monde.

(lire p11 du document de référence)

Le contenu du DDR 2018

ELIOR GROUP est adhérent au Global Compact des Nations Unies depuis 2004 et a mis en place un système de gouvernance interne de la responsabilité sociétale de l’entreprise (RSE).

On notera l’attention que porte ELIOR GROUP au concept « Amélioration » largement mis en avant par la « norme internationale de comportement » ISO 26000, à savoir :

  • l’amélioration des pratiques ;
  • l’amélioration de l’expérience client ;
  • l’amélioration de l’image et de la réputation ;
  • l’amélioration de la sécurité et des équipements de protection ;
  • l’amélioration des conditions de travail et de l’ergonomie.

On saluera sa capacité à contrôler ses coûts et à améliorer son efficacité opérationnelle comme une priorité, notamment la consommation de matières premières et la réduction de son empreinte carbone.

Le score d’après notre baromètre Sim26k (Indice de Convergence avec la norme ISO 26000)

ELIOR Group stabilise son score de l’année précédente.  Nous le situons dans le peloton de tête.

 


Notre méthode d’analyse 

Sur les documents de référence 2016 & 2015, LOG’ins Consultants a appliqué sa méthode d’analyse via sa gamme de services ConvergenceRSO, qui comprend :

  • un positionnement relatif (par comparaison avec un panel) > Quartile d’un panel de contenus similaires (standard ou personnalisé).
  • un positionnement détaillé, relevant d’expressions terminologiques (ET) et d’expressions voisines (EV) de l’univers de référence normatif.

Comment situer la communication (sociale, sociétale, environnementale…) des DDR par rapport à l’ISO 26000

Pour illustrer les résultats, nous vous invitons à lire notre livre blanc  Téléchargez le Livre Blanc (jan15) et à parcourir les pages de notre blog ConvergenceRSO et sa rubrique Cotation

Autres sources d’information :

Nos actualités 

Notre curation RSO

Les impacts des décisions sur la santé et l’environnement (actualités RSE/RSO)

L’Effet Papillon ou la Représentation de l’influence d’un phénomène sur une situation ultérieure… (actus du Web)

 

(1) Autorité des marchés financiers

 


Sources : site de l’AMF, site institutionnel de ELIOR GROUP,  compte Twitter @Elior_Group

Photos/images/clipart : X, Pixabay, ELIOR GROUP

Lien court : https://wp.me/p2OxiV-GD

[Interview] RSE et Réseaux Sociaux : « Dans l’univers professionnel, le numérique est devenu omniprésent »

Twitter, instrument d’information et plateforme propice à la Sérendipité, permet des rencontres. C’est par ce média, qu’Alban Jarry et moi-même avons pris contact. Reconnu comme Top influenceur, CQFD Cadres 78 l’avait invité pour évoquer le collectif #i4emploi et le personal branding, en octobre 2016.

La pertinence de ses tweets, ainsi que ses conseils avisés sur les fondamentaux de la communication digitale, m’ont invité à lui proposer une interview. Je l’en remercie.

 

Bonjour Alban. Top influenceur et spécialiste en stratégies de marques et numériques, communication, influence et réseaux sociaux, vous observez ce qui est diffusé sur les différents médias. Quels sont les constats les plus marquants pour la sphère professionnelle ?

Dans l’univers professionnel, le numérique est devenu omniprésent. Poussé par la transformation des entreprises, qui cherchent à s’adapter à l’évolution de de leur environnement économique et les changements d’habitudes des clients, il n’a cessé de prendre de l’importance au cours des dernières années.
Les espaces de travail ont évolués. Face à la déshumanisation de notre environnement de proximité, un effet de balancier a provoqué un besoin de re connexion et de partage. Aujourd’hui, pour gérer son employabilité, il est primordial de savoir utiliser ces nouveaux outils, de les comprendre et d’en tirer profit.

Que pensez-vous de l’émergence de nouveaux réseaux sociaux ?

Les réseaux sociaux accompagnent cette nécessité d’être informé et de s’adapter à de nouveaux moyens de communications. Ils facilitent la connexion avec des experts et permettent de trouver des réponses à beaucoup de questions. Pour être innovant, pour imaginer des nouvelles solutions, il faut souvent savoir sortir du cadre et imaginer des solutions improbables. Les réseaux sociaux sont au cœur des nouveaux modes collaboratifs et rendent plus perméables les frontières des entreprises.

 

Régulièrement vous publiez de sages recommandations sur l’utilisation des réseaux sociaux. Pour un professionnel en quête d’infos métier (ou de promotion), quoi choisir entre veille digitale ou curation ? Quelles différences ?

La veille consiste à s’informer en étant ensuite passif. La curation est l’étape suivante qui ouvre vers le partage de cette veille. Les réseaux sociaux sont aujourd’hui, tels des virus des temps modernes, présents sur tous les sites dont ceux des médias. La veille matérialise la trouvaille puis la lecture d’un article. La curation consiste à appuyer sur les boutons de partages souvent situés à la fin de l’article. Avec la curation, il n’y a plus de secrets. Tout est rendu plus visible.

Le choix (infobésité) peut s’avérer chronophage … comment gérer le temps ?

Il faut être pragmatique et faire des choix. La surinformation entraine le picorage. Néanmoins, les meilleurs articles ressortent toujours du lot. En étant plus partagés que les autres, il obtiennent une bonne visibilité.

 

Les publications thématiques sont légion. Experts, expérimentés, avertis, professionnels métiers transmettent leurs connaissances, leurs constats, leurs conseils, leurs avis et perceptions. Les sources d’information sont diverses et accessibles, parfois très documentées, d’autres succinctes… eu égard à la structure du média utilisé. Pour sa marque Employeur, un professionnel doit régulièrement publier. Selon vous, pour atteindre et/ou intéresser un lectorat quel est le média le plus pertinent pour une ligne éditoriale ? Pour sensibiliser un public sur une thématique ? A quelle fréquence ?

La publication est un acte compliqué car il faut passer du temps à écrire un article puis ensuite oser le rendre visible aux yeux de tous. Le regard des autres peut être compliqué à gérer. Le média le plus pertinent pour publier est celui qui va atteindre la cible de lecteur qui est visée. En fonction de son secteur, de son métier, il faut savoir sélectionner le plus adéquat. La fréquence de publication dépend de la facilité de chacun à écrire. Il est préférable de prendre son temps et de publier quand un article est complètement finalisé après plusieurs relectures. Pour écrire en 1 heure comme ce que je fais, il faut beaucoup de pratique.

 

L’accélération du changement climatique, les impacts sur l’environnement, l’écologie, les droits de l’homme, la corruption, l’égalité femme-homme, les inégalités sociales, les conditions de travail… sont des thèmes associés à la RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises) (1). Les réseaux sociaux portent journellement un flux d’informations sur ce sujet. Notre quotidien est envahi, boosté par la viralité (le buzz parfois) sur les médias sociaux. On pourrait même la qualifier de « surenchère digitale ». Pour un thème tel que la RSE, quel serait le média le plus approprié ?

Dès que le monde de l’entreprise est visé alors le média le plus efficace en France est probablement Les Echos. Sur ce type de sujet, il m’arrive aussi de publier pour Forbes, La Harvard Business Review ou d’autres. Une autre solution peut être de choisir la revue de la Sorbonne (Le Sobonnaute), c’est ce que nous avons fait avec l’Unicef dans le cadre de la campagne U-Report. Les étudiants sont des relais important de ce thème. Ils sont notre avenir et nous devons leur transmettre les clés permettant d’un futur de meilleur qualité.

 

Outre le fait que les réseaux sociaux soient utiles pour communiquer sur un événement, sur une marque, pour une alerte, sur une décision à vocation sociétale… sont-ils toutefois pertinents pour évoquer un sujet complexe, tel que la RSE ? Pour évoquer un des domaines rattachés à la RSE ? Pour partager la connaissance ? Pour sensibiliser le public ? Vidéo, Webinar et/ou texte ?

Oui je suis persuadé que les réseaux sociaux sont de formidables outils pour sensibiliser un public. Quand ils génèrent une forte viralité alors ils peuvent propulser un sujet et lui offrir un maximum de visibilité. Lorsque le livre blanc « Femmes Santé Climat » a été réalisé pour la COP 22, c’est grâce aux réseaux sociaux qu’il a obtenu une diffusion très large. De la même façon, pour aider des personnes en recherche d’emploi, Twitter est un outil qui permet de les rapprocher de recruteurs grâce à la visibilité que génère le hashtag #i4emploi. Je suis persuadé que les réseaux sociaux sont loin d’avoir montrés leur puissance pour aider à partager sur des causes sociétales. Dans les utilisateurs des réseaux sociaux beaucoup sont altruistes.

 

Chaque métier possède son verbiage. Force ou faiblesse ? Que conseillez-vous aux professionnels ?

Récemment dans un article, qui parlait de personnes influentes, j’ai été cité car d’après le blogueur je savais « parler de finance sans endormir son public ». Pour être lu, il faut effectivement savoir parler simplement de son expertise et surtout rester compréhensible. Il faut savoir utiliser les métaphores pour faire passer un message. Ainsi, pour un article pour Les Echos, pour expliquer simplement la gestion des risques en assurance sous contrainte de la réglementation européenne Solvabilité 2, j’avais utilisé l’exemple de la gestion du PSG. Un risque opérationnel dans une entreprise est l’équivalent de celui qui se produit quand un grand joueur se blesse.

 

Quelles seraient les erreurs de communication à éviter ?

Il faut que la communication reflète le visage de l’entreprise. Le monde des réseaux sociaux est un monde de l’apprentissage en temps réel, c’est en essayant et en se trompant qu’il est possible de progresser. Par contre, il faut éviter de reproduire une erreur.

 

Pour clôturer cet entretien, une dernière question. Sur Twitter (300 millions d’utilisateurs) (2), 48 millions de comptes seraient des bots. On constate une forte volatilité et une fidélité des followers. Comment expliquez-vous ce comportement ?

Dans un article américain récent, il était mentionné que les personnes les plus influentes sur les réseaux sociaux avaient un « comportement » assimilable à des bots. Les « vrais » bots font partie de cet univers et ils alimentent cette sphère de l’information. Pour une entreprise, afin de programmer ses publications, d’optimiser la diffusion, il est possible d’utiliser des robots. Face à la masse d’informations qui se diffusent, des professionnels doivent savoir trouver les meilleurs moments pour rendre visible un message. Il y a tellement d’usages possibles des réseaux sociaux, il faut analyser ceux qui sont les plus efficaces par rapport à une situation donnée.

 

Propos recueillis par Jean-Gabriel Giraud

 

En savoir+

Alban Jarry est Président Délégué de l’Ecole Polytechnique d’Assurances et Chief Digital Technology Officer en Asset Management. Spécialiste du numérique, de l’influence et des stratégies de marques, il intervient à HEC Paris et écrit des tribunes pour Forbes, Les Echos et La Harvard Business Review. Il anime un blog Alban Jarry

 

Autres liens complémentaires

 

 

1- RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises), RSO (Responsabilité Sociétale/Sociale des Organisations), ISO26000 :2010

2- Blog du modérateur

 

lien court : http://wp.me/p2OxiV-F9

RSE et risques de réputation, les liaisons dangereuses

La RSE, une menace pour les entreprises ? La RSE, comme toute règlementation pesant sur les entreprises a d’abord été perçu comme un frein à la performance. Bien que cette vision ait très largement évoluée, il reste un fait indiscutable : la RSE a un coût. En contrepartie de ce coût, la RSE est génératrice d’externalités positives. L’article 225 de la loi Grenelle 2 est ainsi venu renforcer les obligations de transparence dans le reporting des entreprises.

Cette obligation de transparence donne satisfaction aux investisseurs et rassure les consommateurs : c’est un levier supplémentaire de légitimité qui participe à la construction de « l’image de marque ». Ce qui est valable pour la transparence l’est aussi pour le développement durable, l’éthique, le respect des droits des personnes… Le raisonnement est généralisable à tous les sous-domaines de la RSE. Mais avant d’interroger les rapports entre maitrise du risque de réputation et RSE, il convient de rappeler que la RSE n’a pas été d’emblée perçue comme un bénéfice net, bien au contraire.

Source : RSE et risques de réputation, les liaisons dangereuses

L’image, le verbe du 21ème siècle

Le langage est à la fois un outil et une science qui s’enrichit au fil des siècles. Signe des temps, la sémiologie et le visual listening sont devenus des disciplines en soi, aux côtés de la grammaire et de la linguistique. Au XXIème siècle, la communication est de plus en plus visuelle. Cependant, les marques et les entreprises ne semblent pas toutes maîtriser les subtilités de ce moyen d’expression adoubé par les générations Y et Z.

Source : L image, le verbe du 21ème siècle – Marketing Professionnel e-magazine

DDR16 Cyberfraude, un risque qui s’amplifie !

8 entreprises sur 10 ont subi au moins une tentative de fraude en 2016.

C’est le constat de la troisième enquête sur le risque de fraude en entreprise en France. Euler Hermes, le leader européen de l’assurance fraude, et la DFCG, l’association nationale des directeurs financiers et de contrôle de gestion, se sont associés pour interroger deux cent directions financières sur leur exposition, leur ressenti et leurs mesures de prévention face au phénomène de la fraude.

De l’usurpation d’identité au risque cyber, la fraude est une menace protéiforme. Courant avril, la DFCG (en partenariat avec Euler Hermes) a proposé à ses membres et aux personnes appartenant à une direction financière, une formation intitulée « Piloter la lutte contre le risque de fraudes et cyber-fraudes : le rôle clé du DAF ».

Les entreprises craignent toutes une accentuation des attaques pour l’année à venir. « La fraude n’est pas un sujet nouveau, mais il ne cesse d’évoluer », confie Sophie Macieira-Coehlo, la vice-présidente de la DFCG. Les nouvelles technologies démultiplient les possibilités d’escroquerie et facilitent les attaques à répétition.

L’étude souligne néanmoins que 63% des entreprises n’ont pas mis en place de plan d’urgence à activer en cas de fraude. Un chiffre inquiétant, la réactivité étant primordiale pour limiter le préjudice subi.

A la lecture des documents de référence 2016 (publiés sur le site de l’AMF – Autorité des Marchés Financiers, au cours du premier trimestre 2017), et via nos méthodes de cotation et d’appréciation des thèmes RSE-minded, on notera que :

  • 62% des sociétés évoquent le contexte de la cybercriminalité
  • 32% indiquent la protection des données
  • 18% nomment explicitement la notion de cyber-attaque
  • 13% citent la protection des données personnelles

Politique, dispositifs de prévention et/ou protection, voire de contre-attaque sont soit mentionnés, soit énumérés. La typologie des risques est parfois explicitement détaillée. Le comité d’audit, principalement  interagit avec la direction des risques (direction de la gestion des risques), la direction du contrôle interne, la direction de la conformité (direction compliance), la direction financière… mais interfère peu avec la direction informatique.

Dans certains cas, un responsable Protection des données (DPO, Data Protection Officer) est en charge en charge de la protection des données (et/ou données à caractère personnel) et en relation avec les Responsables de la Sécurité de l’Information.

La fonction de Délégué à la protection des données sera obligatoire dès 2018 dans de nombreuses entreprises.

 

 

 

Cybercriminalité, de quoi parle-ton ?

Associée à la notion de délit en terme de Droit (ensemble des règles juridiques), la cybercriminalité vise à obtenir des informations personnelles afin de les exploiter ou de les revendre (données bancaires, identifiants de connexion à des sites marchands, etc.). Hameçonnage (phishing) et «Rançongiciel» (ransomware) sont des exemples connus d’actes malveillants portant préjudices aux internautes. Ce délit est notifié comme un risque majeur.

L’exploitation des documents de référence 2016 (DDR16) livre le champ sémantique auquel tout visiteur pourra se référer : piratage, data protection, cyberattaque, cybersécurité, cyber, cybercriminalité, protection des données, fraude, acte de malveillance

Le cyber (cybersécurité, cyberattaque…) est mentionné dans 50% des DDR, ce sur des déclarations de nature différente (pure citation déclarative, actions et/ou plan d’actions affirmées, détail de la politique mise en œuvre).

TF1, Cap Gemini sont les entreprises les plus disantes sur ce thème.

Par ex.

  • Mettre en oeuvre les contre-mesures nécessaires face à une cyber-agression (TF1, Bouygues).
  • BNP PARIBAS continue sa démarche de gestion des risques des systèmes d’information identifiés et d’optimisation des moyens.  (…) Au cours des années passées, les institutions du secteur financier ont été touchées par nombre de cyber-incidents, notamment par des altérations à grande échelle de données compromettant la qualité de l’information financière….  Les autorités réglementaires prennent des initiatives visant (…) à mettre en place des plans efficaces de rétablissement consécutifs à un cyber-incident (BNP).
  • Résister à la menace des cyber-attaques. (HSBC)
  • SCOR est exposé aux cyber-attaques…  le Centre a été sélectionné pour mener le Cyber Risk Test Bed Project, un programme de recherche soutenu par le Monetary Authority of Singapore (MAS).
  • politique de prévention en matière de cyber-criminalité. (Mersen)
  • Au cours de l’année 2016, une cartographie des risques cyber a été réalisée avec l’aide d’un prestataire spécialisé dans ce domaine. (Foncière des Murs)
  • L’Oréal ajuste ses efforts de sécurité de manière permanente en fonction des nouvelles menaces de cyber-attaques.

La protection des données n’est citée que par 32% des DDR16. Par ordre décroissant, Vivendi, TF1-Bouygues, Cap Gemini, Société Générale, Schneider sont les plus disants.

Par ex.

  • Le groupe demande à chaque filiale d’adhérer aux normes internes de sécurité et de protection des données, (Téléperformance)
  • Sanofi et ses prestataires extérieurs mettent en place des infrastructures technologiques sécurisées pour assurer la protection des données et la détection des attaques…
  • Société Générale investit donc en permanence pour garantir la sécurité des opérations et la protection des données de ses clients.
  • Les dispositifs de sécurité informatique et de protection des données clients sont décrits au chapitre 8 (Altareit)

Et de compléter pour la protection des données personnelles

Par ex.

  • a nommé notamment dès 2011 un Data Protection Officer (DPO), en charge de la protection des données à caractère personnel, que les quatre sociétés européennes du Groupe (SCOR SE, SCOR Global P&C SE, ..)
  • le déploiement de plans de contrôle génériques dans le domaine de la protection des données personnelles, … (BNP Paribas)
  • Un pôle Protection Des Données Personnelles Groupe, au sein de la Direction juridique spécialisé sur les enjeux de protection de la vie privée, (…)  la Direction Des Ressources Humaines Groupe a adopté des règles de protection des données personnelles RH applicables aux candidats et aux employés. (Société Générale)
  • Le Groupe se prépare à l’entrée en vigueur du nouveau Règlement européen sur la gestion et la protection des données personnelles. (La Poste)
  • ou du respect et de la protection des données personnelles. La société a mis en place des procédures adaptées… Dans le cadre de la protection des données personnelles, une attention particulière est apportée à la protection des mineurs. (Vivendi)
  • La Société dispose d’un Responsable de la protection des données personnelles rattaché au Responsable Global de la Conformité, (Biomérieux)

A noter que  BASTIDE LE CONFORT MEDICAL est le seul à porter attention au risque de « vol d’ordinateur ».

 

Sources : DFCG, Euler Hermes, Usine Nouvelle, Portail du gouvernement, plate-formes diverses (e-marketing, blog du modérateur, wikipédia).

Images : Pixabay

lien court : http://wp.me/p2OxiV-Ca

Twitter … #docderef

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Les nouveaux modèles des agences de communication

Le paysage des agences de communication est en pleine mutation, de nouvelles formes d’agences apparaissent. Le phénomène prend de l’ampleur depuis plusieurs années et cela est notamment dû à la diversification des agences et à la fragmentation des budgets des annonceurs entre ces agences.
Il y a aussi depuis plusieurs années une volonté des annonceurs d’intégrer le service communication au sein de leur structure en créant leur propre agence. Les agences In house ou agence intégrée sont désormais considérées comme de véritables agences de communication.

 

 

La relation entre agence et annonceurs évolue

Il y a aujourd’hui plusieurs types de relations entre les agences, les directions marketing et communication et les responsables achat

 

Source : Les nouveaux modèles des agences de communication

La marque employeur, ce n’est pas que pour les radins

Le processus de recrutement engendre un coût pour l’entreprise. Mais pour optimiser ce poste de dépense tout en séduisant les meilleurs talents, il vaut mieux s’appuyer sur une marque employeur de qualité. C’est ce que rappelle l’étude Winning Talent de LinkedIn.

Sourced through Scoop.it from: www.lesechos.fr

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L’e-réputation des entreprises : un levier capital pour recruter de nouveaux collaborateurs

Par Emmanuel Stanislas, fondateur de Clémentine*

 

Prendre la parole sur la toile est devenu une habitude, un réflexe, un moyen de se faire entendre auprès de sa communauté, mais pas seulement. Les réseaux sociaux, toujours plus puissants, offrent en effet des possibilités infinies de diffusion d’informations clefs. Cet « e-bouche-à-oreille » est une mine d’or de plus en plus prisée pour se forger une idée ou confirmer un choix.

 

Sourced through Scoop.it from: www.infodsi.com

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