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Présidentielle 2017 : les professions de foi sont-elles RSE-minded ?

Cette semaine, les électeurs français ont reçu les professions de foi des 11 candidat.e.s à l’élection présidentielle du 23 avril 2017.

Via sa gamme de services ConvergenceRSO, LOG’ins avait appliqué sa méthode d’analyse sur les programmes des candidat.e.s publiés sur la Toile. Les indicateurs ESS26k et Sim26000 (grille de lecture ISO 26000) ont permis de surligner l’essentiel et de noter le degré de convergence avec la norme ISO 26000. Ces indicateurs ciblent les thèmes clés de la norme, au travers d’expressions thématiques et/ou de mots directeurs (cf. page).  Nous avons procédé au même type d’analyse sur les professions de foi.

Profession de foi, définition…

Une profession de foi (du supin professus du verbe latin profiteor, de pro- (‘en avant’) et de fateor (‘déclarer’)) est la déclaration ouverte et publique d’une croyance ou d’une foi. Elle est individuelle. Par extension, on appelle profession de foi toute déclaration publique d’un corps de doctrines. On peut parler de profession de foi d’un homme politique ou d’un parti, par exemple. (source : wikipédia, l’encyclopédie libre)

RSE, Redonner du Sens à l’Entreprise « France »

En introduction de ce paragraphe, nous utiliserons le libellé donné à l’acronyme « RSE » par Nora Barsali, Fondatrice des Trophées RSE, et attirons votre attention sur les valeurs partagées… « RSE comme Redonner du Sens à l’Entreprise, à l’Economie, à l’Engagement, à l’Éthique des affaires, croire dans les vertus d’une économie responsable et innovante constituent les fondements des Trophées Défis RSE. »

Quelle est la profession de foi la « mieux disante » en matière de responsabilité sociétale ? Qui répond au mieux aux enjeux sociétaux ?  Quel est le contenu le plus proche des lignes directrices de la norme de comportement ISO 26000:2010 ?

ASSELINEAU, LASSALLE, LE PEN sont sur le podium…. suivis par CHEMINADE, FILLON, POUTOU.

Quelles sont les professions de foi dont les thématiques ISO 26000 sont les plus proches de celles déclinées dans les programmes…  le podium est constitué de ASSELINEAU, LASSALLE, LE PEN. .

 

DENSITÉ LEXICALE

Nous nous sommes intéressés au poids des informations publiées dans un « 4 pages ». Un des enjeux de chaque candidat a été de synthétiser son programme sans en perdre la « substantifique moelle », tout en mettant en avant les déclarations d’intention et les engagements qui ont permis de capter l’attention et/ou de fidéliser les électeurs.

Le plus disert est ASSELINEAU, le moins disert est FILLON.

 

 

 

 

 

 

CONTENUS DES PROFESSIONS DE FOI

Le style

Pour la profession de foi de ARTHAUD, le style est plutôt argumentatif, tout en restant dans la déclaration. ASSELINEAU et MACRON énoncent leurs points de vue.  LE PEN s’engage, argumente, persuade…

Pour la construction du texte présenté par LE PEN, nous constatons un équilibrage de la typologie des attributs (l’adjectif) liés aux substantifs utilisés. Le discours est autant objectif que subjectif.  Une tendance du même ordre s’applique pour ARTHAUD, POUTOU, LASSALLE. Pour les autres, l’objectivité prime.

DUPONT-AIGNAN et FILLON sont plutôt dans l’action, suivis par ARTHAUD, HAMON, LASSALLE,  CHEMINADE et MACRON.

 

Les verbes d’action… pour agir !

ARTHAUD… pouvoir, falloir, faire, devoir, voter, appeler, augmenter, prétendre, opposer, changer, avoir, dire

ASSELINEAU… faire, devoir, avoir, engager, assurer, mettre, garantir, pouvoir, permettre, oeuvrer, démocratiser

CHEMINADE… créer, pouvoir, devoir, permettre, faire, organiser, servir, contrôler, mettre, proposer, battre, financer

DUPON-AIGNAN… supprimer, faire, refuser, permettre, renforcer, imposer, augmenter, payer, avoir, expulser

FILLON… pouvoir, développer, renforcer, défendre, assurer, soutenir, faire, libérer

HAMON… faire, créer, mettre, avoir, proposer, donner, placer, lancer

LASSALLE… mettre, pouvoir, faire, donner, retrouver, placer, vouloir

LE PEN…  créer, savoir, garantir, revaloriser, faire, fonder, permettre, changer, soutenir, instaurer

MACRON… vouloir, faire, protéger, avoir, redonner, vivre, proposer, prendre, créer, entreprendre, donner, retrouver, réussir, libérer

MELENCHON… pouvoir, devoir, faire, rendre, sortir, organiser, permettre, libérer

POUTOU… vouloir, falloir, défendre, avoir, voter, faire, mettre, pouvoir

Les comportements et sentiments exprimés.

La profession de foi  est une déclaration publique. Au travers de son contenu déclaratif, la coloration du discours est un enjeu. Sentiment, jugement, opinion, ressentiment sont de nature à teinter le déclaratif, à embellir les engagements, à rehausser ou aviver l’affirmation, à provoquer une émotion. Le comportement est l’ensemble des actions et réactions (mouvements, modifications physiologiques, expression verbale, etc.) d’un individu dans une situation donnée. (wikipédia, l’encyclopédie libre).

Au titre d’illustrations, nous vous en proposons …

POUTOU refuse la soumission aux classes dirigeantes ; cible une droite corrompue et réactionnaire ; propose de mettre fin à l’hypocrisie ; répond aux exigences élémentaires en terme de démocratie (indemnités d’élus, pouvoir, sénat…) ; note l’absence de solidarité pour accueillir les migrants et souligne le mépris de l’environnement, ainsi que le mépris des conditions de travail.

MELENCHON, ou la France insoumise, liberté égalité fraternité, promeut le protectionnisme solidaire.

MACRON propose que nous soyons solidaires car la réussite de quelques-uns ne peut pas être le projet pour tout notre pays, envisage de réformer l’assurance chômage pour en faire un droit universel avec des exigences nouvelles pour chacun ; entreprendra pour une europe ambitieuse et une stratégie d’investissements ambitieuse.

LE PEN, face au laxisme judiciaire, décidera d’appliquer la tolérance zéro ; propose un protectionnisme intelligent pour stopper la concurrence internationale déloyale et les délocalisations.

LASSALLE,  liberté égalité fraternité, organisera en tout point du territoire les moyens de l’égalité et de la fraternité ; s’adresse, entre autres, aux chefs d entreprise volontaires ; exigera une réforme des statuts de la banque centrale et décrètera une nouvelle politique de la mer à la hauteur de l’ambition maritime qui nous anime.

HAMON propose une république bienveillante et humaniste et une politique éducative ambitieuse, créera des observatoires citoyens de la qualité du service public et adossé à un futur désirable le travail est un facteur d’émancipationnotre modèle de production intègre l’exigence écologique.

FILLON, par volonté d agir, ne tolérera aucun prosélytisme ; exigera une présence régulière de deux années sur le territoire national avant le versement de toute prestation sociale.

ASSELINEAU invoque le désintéressement personnel, refuse le mépris des électeurs, rétablira un budget militaire décent et fera cesser immédiatement la politique de confrontation avec la Russie et les ingérences illégales et contraires aux intérêts de la France au Moyen-Orient (Libye, Syrie, etc.).

ARTHAUD prône un vote de conscience et de dignité ouvrières ; appelle les travailleurs à mettre en avant cette exigence fondamentale… un travail et un salaire décent pour tous ; à mettre en avant leurs exigences communes  et à se retrouver autour de ces exigences vitales.

 

lien court : http://wp.me/p2OxiV-BV

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Enseigner la RSE : une question ancienne et éminemment politique

Comment intégrer au mieux la formation à la responsabilité sociétale de l’entreprise dans les cursus d’enseignement du management ? Enseigner les normes et les règles ou enseigner l’éthique ? …

Par Corinne Vercher-Chaptal Professeur de management, Université Paris 13 – USPC

Retrouver l’article sur le blog de Marc Unfried

 

Ndlr : en préambule, rappeler les fondamentaux de la RSE (Howard R. Bowen – Social Responsibilities of the Businessman ) et les mettre en perspective avec le cycle d’apprentissage des savoirs et des connaissance est primordial, voire essentiel. L’auteure cite « les formations doivent s’orienter vers la diffusion de savoirs nouveaux propres à rendre « naturelle » l’idée de responsabilité auprès des managers, et créer les conditions d’une performativité des discours. » 

Enseigner les « normes et règles » ou  l' »éthique » ? La question mérite d’être posée à l’aube d’une reconnaissance partagée de la RSE et de ses atouts. Je citerai, par analogie, les débats qui ont « opposé » (voire opposent) la Qualité (ou du moins le Management de la Qualité) et la « Qualité Totale » (au sens du modèle EFQM). Entre ceux qui prônent le « normatif » (au sens strict de la norme ISO 9001 et de la certification associée) et ceux qui louent le cycle d’amélioration continue et l’organisation de la « structure agile ».

On peut également noter que l’acronyme « RSE », dorénavant « utilisé », a quelque peu perdu de sa substance initiale. Initialement, le terme désignait « Responsabilité Sociétale des Entreprises ». On l’a même étendu à tout type d’organisations … « RSO » … le « sociétal » offrant ainsi les avantages et les bénéfice de porter une vue globale sur les interactions de l' »Organisation » avec la « Société ».

La « RSE » a ensuite désigné la « Responsabilité Sociale de l’Entreprise« , puis est devenue « Responsabilité Sociale et Environnementale » ! Certes « responsable », mais « limitatif » !

Enseigner les « normes et règles » ou  l' »éthique » ? … si l’on prend comme référentiel la Norme Internationale ISO 26000:2010, la question se poserait ainsi … « certification » / « labellisation » ou plutôt « bonnes pratiques » pour un « comportement responsable et éthique » ?  Les enjeux sont importants… face aux nouveaux types d’organisation, face à l’émergence d’une « nouvelle entreprise », face à la recherche de sens, de valeurs « sociétales », de partage… face à la notion de « vie citoyenne »…

L’ISO 26000 « fournit des lignes directrices pour tous types d’organisations concernant la responsabilité sociétale, quelle que soit leur taille ou leur localisation. Il définit les termes, les principes, les pratiques et les questions centrales de la responsabilité sociétale ainsi que la façon d’intégrer la responsabilité sociétale dans l’organisation. » On y ajoute le « dialogue avec les parties prenantes », les
« questions centrales » et les « domaines d’action » relatifs à la responsabilité sociétale, les outils et moyens d’intégrer un comportement responsable.

Les « lignes directrices », les recommandations, sont les résultats de réflexions et de propositions d’un grand nombre de « parties prenantes » et d’acteurs de la société civile (ONG, associations, consommateurs…), de la sphère professionnelle (entreprises, travailleurs, services, conseils…) ainsi que des institutions (gouvernement, autorités publiques, plateformes régionales d’échanges).

Elle n’est pas une norme de système de management et n’est pas (et ne peut être) destinée à des fins de certification ou à une utilisation réglementaire ou contractuelle.

Cette Norme Internationale prône un « comportement éthique », c’est-à-dire un comportement conforme aux principes acceptés d’une conduite juste ou bonne dans le contexte d’une situation particulière, et en cohérence avec les normes internationales de comportement.

La « RSE » n’est donc pas une norme. Une entreprise ou organisation, un modèle de RSE.

C’est donc vers cet axe de sensibilisation, de formation et d’apprentissage, que le formateur devra se positionner.

Source : Enseigner la RSE : une question ancienne et éminemment politique | Marc Unfried, Conseiller Sociétal

lien court de ce post : http://wp.me/p2OxiV-Bu

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